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Dans mon assiette

Blogue de Stéphanie Côté
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque semaine!

août 2010 - Billets

Nos experts
  • 13 commentaire(s)
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    Des parents accusés de l’obésité de leur enfant

    « L’obésité devrait être un motif pour accuser des parents de négligence. » (traduction libre)

    J’ai frissonné en lisant le titre de cette nouvelle. Je ne tolère pas l’idée que certaines personnes fassent du mal volontairement à des enfants. Personne, et encore moins des parents. Même si on sait tous qu’il y en a.

    La nouvelle en question parlait d’un article publié dans la revue scientifique British Medical Journal. Les auteurs stipulent que l’obésité peut être le résultat de mauvais soins aux enfants. Selon eux, l’obésité en soi n’est pas un motif suffisant pour retirer la garde d’enfants à leurs parents. Cela dit, les parents qui refusent de prendre le problème d’obésité en charge ou de chercher de l’aide sont aussi fautifs que les parents qui refusent le traitement de leur enfant asthmatique, diabétique, épileptique, ou autre, affirment les chercheurs.

    L’article souligne également que l’obésité se rencontre parfois chez des jeunes aux prises avec de multiples problèmes : violence, mauvaise hygiène, difficultés émotionnelles ou comportementales, absentéisme scolaire, etc. Raison de plus pour ne pas fermer les yeux sur les problèmes de poids importants.

    Les scientifiques citent plusieurs cas extrêmes. Comme cette mère qui s’est fait accuser de négligence criminelle envers sa fille de 14 ans… et 250 kg.  Ou encore ce couple qui s’est vu retirer la garde de leurs 8 enfants pour cause d’obésité « excessive » et de négligence.

    Séparer les enfants de leurs parents ne renversera sans doute pas l’obésité, admet l’auteur principal de l’article. Et le mal n’est pas toujours volontaire. Les enfants obèses ont souvent un ou deux parents obèses eux-mêmes. Les habitudes alimentaires expliquent le caractère familial de l’obésité de façon plus importante que les gènes. Les enfants n’apprennent pas à manger et à bouger chez les voisins! Leurs habitudes de vie – saines ou moins saines – découlent du ou des modèles qu’ils ont sous le nez. Le manque de connaissances alimentaires et d’aptitudes culinaires, la situation socio-économique et, oui, sans doute à l’occasion le manque de volonté sont des obstacles au mode de vie équilibré. Mais tous les facteurs « obésogènes » ne reposent pas sur les épaules des parents.

    Je ne pense pas que tous les parents d’enfants obèses sont heureux de la situation et qu’ils l’ont préméditée. Que des cas de négligence existent, je le crois. Et pour ceux-là, j’estime que les chercheurs soulèvent des points importants. Mais je crois que la plupart des parents concernés ont besoin d’aide et de soutien. Pas d’un dossier criminel.

    J’arrête ici. J’ai une soudaine envie de bombarder mes ti-loups de câlins et de bisous.

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
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    Malbouffe et allergies: on soupçonne un lien

    Nous sommes sur la route entre le parc national Yosémite et la vallée de Sonoma en Californie (il y a pire, je sais!).

    - « Maman, j’ai besoin de dégourdir mes petites jambes. Il faudrait qu’on arrête dans un restaurant avec des jeux. Tu sais, maman, les enfants ont besoin de bouger. »

    Quelle vérité sortie de la bouche de ma fille de 4 ans! Après 2 heures de route et plusieurs heures après notre dernier repas, il est temps de prendre une pause. Puisqu’on n’a pas de lunch à manger dans un parc, je sais qu’on atterrira dans un McDonald’s, un Carl’s junior, un Del Taco ou un autre fast food du genre. Quel autre restaurant leur permet de jouer? Je ne parle pas de dessiner avec des crayons de cire sur un napperon, je parle de bouger.

    Un hamburger et quelques frites, on n’en mourra pas! Laura et Benjamin encore moins, trop occupés qu’ils sont à grimper, glisser et baragouiner en franglais avec les petits Américains.

    Notre repas de malbouffe ne me donne même pas mauvaise conscience. Nous n’en mangeons pas assez souvent pour que ça menace la santé de mes enfants. Mais, semble-t-il que s’ils en mangeaient trop souvent, les enfants courraient plus de risques de souffrir d’allergies et d’autres maladies. Eh oui. En plus du lien avec l’obésité, voilà que la malbouffe pourrait être associée à l’asthme, aux maladies inflammatoires de l’intestin et aux allergies, notamment.

    Une récente étude conduite par des chercheurs italiens suggère qu’une alimentation pauvre en fibres alimentaires et riche en sucre et en gras appauvrit la flore intestinale. Or, les bonnes bactéries dans nos intestins participent activement au fonctionnement du système immunitaire. Selon le principal auteur de l’article publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences, la malbouffe qui occupe beaucoup de place dans l’alimentation occidentale contribuerait à l’augmentation de la prévalence d’allergies et de maladies inflammatoires depuis 50 ans.

    En comparaison aux enfants qui mangeaient beaucoup de malbouffe, le groupe d’enfants dont l’alimentation incluait surtout des légumineuses, des céréales, des légumes et des noix avaient une flore intestinale beaucoup plus saine. Et une meilleure santé sur plusieurs points. Bref, c’est la catégorie à viser pour nos enfants.

    Le grand M jaune et ses semblables sont synonymes de jeux pour mes enfants. J’estime que le total des calories qu’ils y dépensent est largement supérieur au nombre de calories qu’ils y ingurgitent. À preuve, qu’entend-on aussitôt qu’on reprend la route? « J’ai faim! »

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
  • 5 commentaire(s)
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    Quelle portion pour les demi-portions?

    J’arrive des États-Unis. Deux magnifiques semaines de vacances en Californie. Même si nous avions loué un petit appartement avec cuisine à San Francisco, nous avons mangé au moins un repas au restaurant tous les jours. À part la bonne bouffe, je retiens une autre chose : les trop grosses portions.

    Premier dîner dans un café-bistro, nous commandons quatre combos « demi-sandwich + soupe ». Un petit repas, idée de nous garder de la place pour un dessert chez le chocolatier Ghirardelli. C’était avant de voir les fameux demi-sandwiches. À la fin du repas, les quatre ventres bien remplis, il restait l’équivalent d’une assiette complète. Dommage pour le dessert!

    Les grosses portions sont un véritable fléau. Même si certains considèrent qu’ils représentent une bonne valeur qualité prix, c’est un cadeau empoisonné. Les grosses portions nous poussent à manger davantage. Plus il y a d’aliments dans l’assiette ou sur la table, plus on mange. C’est le piège de l’abondance. Et c’est un fait établi, même auprès des enfants.

    Une étude a déjà démontré que des enfants de 2 ans à 9 ans mangeaient en moyenne 29 % plus d’aliments quand on leur servait de généreuses platées. Ils prenaient de plus grosses bouchées, comme s’ils voyaient un défi supplémentaire à relever. Ils ne finissaient pas leur assiette, mais au final, ils mangeaient tout de même plus.
    Les enfants sont généralement meilleurs que les adultes pour réguler leur apport alimentaire en fonction de leurs besoins. De façon innée, ils savent quand s’arrêter de manger. À condition que les conditions environnementales soient favorables. Et je ne parle pas de météo! L’environnement alimentaire inclut l’offre, dont la taille des portions et les pressions à manger.

    Il faut servir des quantités raisonnables aux enfants. Pour les petits de 1 an à 4 ans environ, une portion équivaut à une demi-portion du Guide alimentaire canadien : une demi-tranche de pain, 85 ml de macaroni, 60 ml de légumes, 125 ml de lait, etc. Il ne s’agit pas d’une limite, puisqu’un repas comprend souvent 2 portions d’un aliment (1 tranche de pain ou 125 ml de macaroni, par exemple). Et puis l’appétit et les besoins des enfants varient au fil du temps. Laissez-les vous guider en leur demandant s’ils ont une grosse, moyenne ou petite faim. Ça les aidera du même coup à prendre conscience de leurs signaux de faim.

    Les demi-portions sont simplement des quantités de départ suggérées. Il est possible que votre enfant ne mange pas tout ou qu’il en redemande. Ne le forcez jamais à tout manger, et ne le limitez pas non plus.

    Pour nous ajuster, lors du 2e repas au restaurant, nous avons commandé une seule assiette pour Laura et Benjamin. Encore trop!

    Repas suivant : une assiette du menu pour enfants à partager. Toujours trop. Coudonc! Nous avons fini par commander 2 repas sur le menu régulier que nous mangions à 4. Enfin, il nous restait une petite place pour le dessert… à partager, lui aussi!

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
  • 3 commentaire(s)
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    Les colorants au banc des accusés

    - « R’garde maman, est zaune! »
    - « Oui, c’est jaune. Bravo mon trésor. »
    - « R’garde maman, est vert! »
    - « Tu as raison Benjamin, c’est vert. »
    - « R’garde maman, est ose! »
    - « C’est rrrrose Benjamin. Rose. »
    - « Rrrrose! »

    C’est aux couleurs que mon petit garçon de 2 ans s’intéresse lorsqu’il mange des Smarties. Moi, c’est aux colorants. Ça ne peut pas faire autrement, puisque récemment encore, on en parlait en mal dans l’actualité. À la mi-juillet, on apprenait que l’Union européenne oblige désormais les fabricants à inscrire une mise en garde sur l’étiquette des aliments contenant certains colorants artificiels.

    « Peut avoir des effets indésirables sur l'activité et l'attention chez les enfants. »

    Ce soupçon n’est pas nouveau. Il remonte au moins aux années 1970, au moment où un médecin américain associait le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) à des additifs alimentaires, incluant des colorants. Quelques études scientifiques ont été menées par la suite et ont donné des résultats contradictoires.

    Aujourd’hui, les avis sont partagés. L’implication des gènes (hérédité) semble plus probable que celle de l’alimentation dans le développement du TDAH. Néanmoins, l’Union européenne et plusieurs groupes de défense des consommateurs ont des doutes assez sérieux pour réclamer le retrait de certains colorants artificiels des aliments, surtout ceux destinés aux enfants. Dans le collimateur : bonbons, boissons sucrées, gomme à mâcher et autres friandises.

    Les colorants incriminés sont ceux de type « azoïque ». En Europe, on mentionne notamment le « E 102 » (tartrazine), le « E 110 » (jaune orangé S), le « E 124 » (rouge cochenille A, ponceau 4R) et quelques autres. On retrouve certains de ces colorants dans les produits canadiens aussi, mais pas la peine de chercher leurs noms dans les listes d’ingrédients, puisque les fabricants n’ont pas à préciser quels colorants sont utilisés. Le terme « colorants » suffit, en vertu de la Loi canadienne.

    Si vous envisagez d'éliminer tous les aliments contenant des colorants de l’alimentation de votre enfant, sachez qu’il faut regarder beaucoup plus que les friandises. Certains yogourts, craquelins, céréales, barres tendres, confitures, marinades, etc. font également appel à leur service. Ça en fait des listes d’ingrédients à consulter! Cela dit, dans toutes les catégories de produits, il est possible de trouver des marques « sans colorants artificiels ». De plus en plus de fabricants prennent d’ailleurs la peine de le mentionner, comme si c’était devenu un avantage concurrentiel. Et c’est probablement le cas.

    Tiens donc, les Smarties sont « sans colorants artificiels ». Tant mieux. Pourtant, ça n’empêche pas mes 2 cocos de se courir après en criant…

    - « Aïe! Donne mes oses, Laura. »
    - « Nan nan nan nan! »

    La faute aux colorants… vraiment?

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
 
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