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Blogue de Stéphanie Côté
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque semaine!
avril 2010 - Billets
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Depuis que nous sommes une famille, nos sorties au restaurant sont… différentes. Occasionnelles aussi, mais ce n’est pas tant ce qui a changé. Différentes, c’est le mot. Très peu relaxantes, pour tout dire. On ramasse les jouets et les crayons de couleur tombés par terre, on essuie les dégâts de ti-gars qui boit avec une paille en penchant son verre comme s’il n'en avait pas, et on fait une couple d’aller-retour à la toilette parce que le savon fait une mousse rose!
Les dessins et le coloriage occupent ma grande de 4 ans quelques minutes, et mon petit garçon... quelques secondes. Ils s’amusent plus longtemps chez La Grand-mère poule, où la salle de jeux leur fait presque oublier que nous sommes venus pour manger. Récemment, nous sommes allés chez Frites alors! et, pour une fois, c’est la bouffe et uniquement la bouffe qui retenait les enfants à la table. Benjamin venait de découvrir les frites!
Mais où aller quand on veut varier les genres et faire des découvertes? Certainement pas dans la majorité des restaurants « familiaux ». J’y trouve les menus généralement peu originaux et je n’ai jamais été impressionnée par la qualité des plats. Ce n’est pas du snobisme. Qui peut me dire pourquoi les menus pour enfants offrent tous les mêmes choix (à quelques exceptions près) : hot dog, spaghetti, macaroni au fromage, croquettes de poulet et pizza?
Si on me demande des suggestions de restaurants, surtout dans la catégorie « restaurants familiaux », j’avoue que je dois réfléchir. Aucun ne m’a encore conquise. Pour moi, un restaurant familial n’est pas nécessairement un resto qui offre un menu pour enfant. C’est avant tout un endroit où l'on accueille les enfants avec le sourire. Peu importe le genre : italien, indien, libanais ou autres. On partage les assiettes s’il le faut, ce n’est pas un problème.
Quant aux considérations d’ordre nutritionnel, je suis d’avis qu’on peut bien manger dans presque tous les restaurants. Cela dit, quand les sorties sont occasionnelles et que les « écarts » le sont aussi, ce n’est pas un repas mal équilibré qui va ruiner notre santé. Après un repas de frites, c’est naturel de ramener un peu de couleurs dans l’assiette!
Où aimez-vous manger en famille? Qu’est-ce qui vous y attire?
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Celui qui a inventé l’expression « métro, boulot, dodo » a oublié une part importante de notre train-train quotidien : la préparation des repas. Même si les Québécois y consacrent moins de temps au fil des ans, il n’en demeure pas moins que c’est une préoccupation quotidienne.
J’adore cuisiner. J’aime m’asseoir avec mes magazines Ricardo et mes livres de recettes pour planifier le menu de la semaine. Je suis peut-être un extra-terrestre, mais j’aime même faire l’épicerie!
Planifier et préparer les repas devrait donc être un plaisir pour moi, n’est-ce pas? Pourtant, c’est une préoccupation et parfois un casse-tête. Mon problème, c’est la pression, le rush.
Quand je rentre à la maison avec les enfants en fin de journée, je ne peux pas dire que j’éprouve un plaisir particulier à cuisiner. Les 2 petits affamés - et parfois un grand - qui me tournent autour, impatients, n’aident pas beaucoup! Pour me faciliter la vie, j’essaie de mettre en pratique la meilleure des solutions : la prépréparation. (Qui pensait que j’allais écrire le restaurant?!)
Dans le meilleur des mondes, on planifie les repas avant de faire les achats hebdomadaires, pour ne pas avoir à retourner à l’épicerie plusieurs fois. Puis, le dimanche, on consacre une couple d’heures à préparer 3 ou 4 soupers, qui seront aussi des lunchs. On réfrigère ou on congèle, en portion individuelle si nécessaire. Il nous arrive également de préparer les repas seulement 1 jour d’avance. L’objectif, c’est que pour chaque soir, il ne reste qu’à réchauffer un plat et apprêter des légumes s’il n’en contient pas. Plus de questionnement de dernière minute, plus de stress, plus d’impatience et presque plus de vaisselle. La belle vie, quoi!
Si j’étais toujours bien organisée, je ne parlerais pas de la préparation des repas comme une source de stress. Je dois avouer que je suis particulièrement fière de mon conjoint et moi quand on organise parfaitement notre semaine. Et si je suis fière quand on réussit, c’est que nous ne sommes pas constants… L’organisation, c’est une chose. La discipline en est une autre!
Les repas préparés du commerce sont hyper populaires, mais je refuse d’adopter cette solution. Ce n’est pas uniquement une question de valeur nutritive, puisqu’il y a certains bons produits, c’est avant tout une question de principe et de valeur. Je tiens à ce que mes enfants me voient cuisiner et qu’ils sentent les bonnes odeurs d’un plat qui mijote. Je veux qu’ils sachent que derrière un repas, il n’y a pas que le déballage d’une boîte et le bip du micro-ondes.
Et comme je souhaite que cuisiner soit un plaisir - et soit perçu comme tel - je n’ai pas d’autre choix que de planifier et prépréparer. Semaine, après semaine, après semaine, après semaine… Ça finira bien par me rentrer dans la tête!
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Selon moi, pour qu’un enfant mange bien, il faut que la nourriture soit bonne au goût, avant tout. Ça tombe bien, des aliments à la fois bons et nutritifs, il en existe des centaines. Mais il faut l’avouer, l’attrait pour les aliments sucrés et salés semble inné.
Chez nous, les chips, les frites et les bonbons n’ont pas eu besoin de deuxième chance pour être appréciés! Plusieurs aliments ont un parcours beaucoup plus difficile. Il arrive que je doive présenter un aliment à 5, 6 ou même 7 reprises pour que Laura et Benjamin l’acceptent. Et je ne parle pas encore d’aimer cet aliment, avec un grand A!
Je suis parfois tentée d’utiliser divers arguments pour les faire manger, ou du moins, goûter. « Mange tes carottes pour avoir de bons yeux », « mange ta viande pour être fort », « bois ton lait pour bien grandir ». Les arguments que j’ai entendus de ma mère et d’autres mères, autant dans la vraie vie qu’à la télévision. Je dis bien que je suis tentée, mais je les évite autant que possible. Pas que ce soit mauvais, c’est simplement que je préfère essayer de convaincre mes enfants autrement. En leur offrant une variété d’aliments appétissants, en leur montrant que j’en mange avec plaisir, en prenant soin d’assurer un climat agréable au moment des repas, sans pression et sans restriction, etc.
Résultat : ma fille et mon fils sont relativement peu difficiles et ont une alimentation équilibrée, dans l’ensemble. Cela dit, je me doute qu’entre un fruit et des bonbons, ils sont attirés davantage vers les bonbons. Et qu’entre les chips et les crudités, les chips l’emportent haut la main. Par chance, la qualité de leur alimentation dépend avant tout de l’offre que je leur fais!
Je dois dire que l’argument « bon pour la santé » est parfois inspirant et, j’ose croire, convaincant. Le site Internet du magazine américain Parents m’a d’ailleurs récemment forcée à revoir ma position devant ce type d’argument. Je vous le résume.
Pour convaincre votre enfant d’âge préscolaire de l’importance d’une alimentation saine, racontez-lui l’histoire des trois petits cochons. Ensuite, demandez-lui de construire deux maisons. La première, avec des chips et des bonbons comme matériaux de construction. La seconde, avec des morceaux de pomme et du beurre d’arachide. Dites-lui de se prendre pour le gros méchant loup : d’inspirer, puis souffler de toutes ses forces sur chacune des maisons. Vous devinez ce qui se passera. Vous aurez alors en main la preuve que les aliments plus nutritifs, dont la pomme et le beurre d’arachide, aident à être fort. Et qu’au contraire, si on mange trop d’aliments peu nutritifs, comme les chips et les bonbons, on risque d’être faible et de manquer d’énergie.
Laura et Benjamin ont tout compris de la leçon. Leur maison est faite de pomme et de beurre d’arachide… avec des fenêtres en bonbons!
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À quel âge votre bébé a-t-il commencé à manger des céréales? Et par curiosité, demandez à votre mère l’âge que vous aviez quand vous en avez mangé pour la première fois. Vous constaterez probablement un grand écart entre les deux réponses. Dans mon cas, c’est du simple au double!
Ce ne sont pas les bébés qui ont changé, ce sont les recommandations. Depuis 2005, La Société canadienne de pédiatrie, les Diététistes du Canada, l’Organisation mondiale de la Santé et d’autres groupes d’experts recommandent que les bébés nés à terme et en santé soient allaités exclusivement, jusqu’à 6 mois. Auparavant, c’était 4 mois.
Parmi les raisons qui justifient cette durée, on cite que l'allaitement exclusif pendant 6 mois protégerait de façon accrue les nourrissons contre les infections gastro-intestinales. Les mères aussi y gagneraient puisque la perte de poids postpartum est ainsi facilitée.
Quand j’ai parlé de ce sujet récemment à l’émission RDI Santé, une collègue médecin m’a dit : « Ça va faire un tollé! » Pourquoi? Cette recommandation n’est pas nouvelle. Eh puis ce n’est pas moi qui l’invente. Ce sont tout de même des groupes d’experts très crédibles qui se sont penchés sur la question!
Pourquoi ça ne ferait pas l’unanimité? « Parce que dans la pratique, peu de femmes suivent cette recommandation. D’après mon expérience, c’est environ 10 % », m’a répondu Madame docteure. En plein dans le mille! Selon Statistique Canada, 1 Québécoise sur 10 a allaité exclusivement pendant 6 mois.
Je fais partie des statistiques… à moitié. Ma fille a mangé ses premières céréales à l’âge de 5 mois 3 semaines et 5 jours. Je pense pouvoir arrondir à 6 mois! Mon garçon lui, à 5 mois et des poussières. J’aurais bien aimé attendre à 6 mois, mais il n’était pas question que je nourrisse plus longtemps mon petit affamé toutes les 2 heures jour et nuit. J’ai pourtant essayé, me disant que la fin d’une petite poussée de croissance me ramènerait un délai plus humain. En vain.
Moi, la même maman, avec la même intention, mais avec 2 bébés différents, ça a abouti à 2 réalités. Oui, j’ai confiance aux experts qui affirment que le lait maternel peut assurer la croissance et le développement optimal d’un nourrisson pendant les 6 premiers mois de sa vie. Mais j’ai également confiance en la maman qui connaît son bébé… et reconnaît qu’il a faim.
Cela dit, je dois ajouter qu’il est déconseillé d’offrir des aliments solides à un bébé avant 4 mois, parce qu’il n’est pas prêt à avaler. Il ne produit pas assez de salive et ne possède pas la coordination neuromusculaire nécessaire pour les avaler. Sa capacité de digestion est limitée et son système immunitaire est encore fragile, ce qui augmente les risques d’allergies et d’intolérances. Bref, il y a une différence entre « un peu » avant 6 mois et « beaucoup » avant…
Et vous, quelle est votre réalité?
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Je n’aime pas particulièrement les cabanes à sucre. Ou plutôt, j’aime les sorties en famille dans les érablières, mais je n’apprécie pas beaucoup leur menu. Ça n’a rien à voir avec la valeur nutritive des aliments qu’on y trouve, c’est véritablement une question de goût. Bien que j’adore le sirop d’érable, je fais une overdose quand les bines, le jambon, les oeufs, les crêpes et les patates goûtent tous la même chose. Et puis de toute façon, à part les crêpes, il n’y a aucun de ces aliments – et encore moins les oreilles de crisse – qui font partie du top 100 de mes aliments favoris.
Ma dose de sirop d’érable, je l’étale sur toute l’année. On l’achète au gallon et j’en mets dans les muffins, dans du pouding maison, dans le yogourt, sur les crêpes, etc. Est-ce que ma petite famille et moi en retirons un quelconque bénéfice pour notre santé? À n’en pas douter, selon la Fédération des producteurs acéricoles du Québec. Mais je ne suis pas convaincue.
La Fédération cite 2 récentes études qui font état de la teneur en composés antioxydants et en phytohormone du sirop. Ces substances auraient des propriétés anticancer, antibactériennes, antidiabétiques et même un effet thérapeutique contre le syndrome métabolique. Toutefois, il y a une différence entre découvrir des composés intéressants dans le sirop et attribuer des vertus préventives et curatives au sirop.
Le sirop d’érable est plus riche que le sucre blanc ou la cassonade en plusieurs nutriments : calcium, magnésium, manganèse, zinc et antioxydants, notamment. C’est un fait et je ne le conteste pas. Mais de là à croire que ces apports en vitamines et minéraux contribuent à combler nos besoins nutritionnels, je ne peux pas. Une généreuse portion de 50 ml de sirop couvre à peine 3 % de l’apport recommandé en calcium. Ce n’est même pas suffisant pour être qualifié de « source de calcium ». On ne boit tout de même pas du sirop à la tasse! Dites-moi que non!
On ne peut donc pas qualifier le sirop d’érable de « santé ». D’ailleurs, on ne devrait qualifier aucun aliment ainsi, puisque aucun ne possède, à lui seul, le pouvoir de nous garantir la santé.
Dites qu’il est bon autant que vous voulez. Le sirop d’érable est bon! Le sirop d’érable est bon! Il est bon dans le sens de délicieux. Il est une excellente source de plaisir. C’est aussi une source de revenus pour les acériculteurs québécois qui produisent 93 % du sirop d’érable canadien, et une source de fierté. Pourquoi chercher d’autres raisons de se sucrer le bec avec?
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