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Blogue de Stéphanie Côté
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque semaine!
février 2010 - Billets
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Depuis le début de l’hiver, nous (ma petite famille) avons une routine de « dimanche plein air ». Randonnée, glissade, ski de fond ou raquette en fonction de la température. Vu le manque de neige, c’est plus souvent de la randonnée qu’autre chose... Peu importe, on bouge, on respire le bon air et on a du plaisir.
Notre plus grand plaisir c’est de voir nos deux petits esquimaux s’amuser, travailler et arriver au but fixé en criant victorieusement « zé gagné » et « é gnagné! ». Évidemment, on s’entend sur le « travailler » : juste marcher avec un habit de neige et des bottes d’hiver est un sport quand on a 1 an et 3 ans! Ils réussissent tout de même à faire des courses, et à gagner tous les deux. Puis, ils prennent répit dans le traîneau ou le sac à dos un moment… ou jusqu’au chalet. Les joues rouges et le nez qui coule, ils arrivent à leur activité préférée : la collation.
Je suis certaine, ou du moins j’aime me convaincre que fillette et fiston aiment le plein air en soi, mais il faut admettre que l’après-plein air, comme l’après-ski fait partie du fun pour tout le monde. Et puis une collation en dehors de la maison, c’est toujours spécial. J’ai beau servir les mêmes aliments, quand je sors le petit contenant de plastique et la gourde (ou encore plus spécial : le jus en boîte), c’est le party!
En reniflant encore, Laura et Benjamin mangent avec appétit les raisins secs et les morceaux de fromage qu’ils ont chacun dans leur contenant. Et je peux comprendre que ce soit avec appétit. La collation est incontournable en temps normal, imaginez après avoir monté l’Everest (ou presque)!
Les enfants ont des besoins relativement élevés qui, avec leur petit estomac, peuvent être difficiles à combler. Les collations sont donc nécessaires pour la majorité d’entre eux. D’un point de vue nutritif, la collation idéale fournit des glucides (sucres) pour calmer rapidement la faim et des protéines pour soutenir plus longtemps. C’est en combinant deux aliments de groupes alimentaires différents qu’on y parvient le plus facilement. À condition que votre enfant ait besoin de 2 aliments, puisque certains se contenteront d’un seul.
Le fromage et les fruits séchés sont un classique chez nous. Le verre de lait avec le muffin ou le biscuit maison – quand je suis assez disciplinée – sont particulièrement appréciés. La barre tendre du commerce (pas trop sucrée) et la boîte de jus (du vrai) sont les gâteries suprêmes!
Et chez vous, quelles collations sont les préférés de vos petits champions?
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Gâteau de fête au chocolat et chocolat de la St-Valentin : j’ai l’impression que du chocolat coulait dans mes veines en fin de semaine dernière! Et puisque je ne célébrais pas seule, mes enfants y ont aussi eu droit. Au gâteau ou au chocolat? Aux deux, bien sûr!
Que voulez-vous, chez nous, on adooore le chocolat. Je sais que ce n’est pas un exploit. Comme disait l’auteur John Tullius, « 9 personnes sur 10 aiment le chocolat; la dixième ment ».
Même si j’essaie d’en assurer une consommation modérée, c’est certain qu’on en mange plus souvent qu’à Noël, à la St-Valentin, à Pâques et à l'Halloween. Je suis de celles qui croient que quand des gâteries sont mangées régulièrement, on gère beaucoup moins de « rages » et d’abus. Pour preuve, 1 fois sur 2, Laura et Benjamin ne finissent même pas leur (petit) morceau de gâteau.
Le chocolat, les pâtisseries et autres sucreries ne sont pas une préoccupation uniquement pour l’équilibre nutritionnel ou pour la gestion du tour de taille. Vous l’aurez deviné, la santé des dents est au moins autant concernée. Vos enfants aiment le sucre? Les bactéries de leur bouche l’aiment encore plus! Et des caries, ça se trouve aussi dans la bouche d’enfants de 2 ou 3 ans si on ne fait pas attention…
Même si les dents de lait de vos petits sont temporaires, il ne faut pas les négliger. Au contraire, les caries en bas âge sont un signe que l’alimentation ou l’hygiène font défaut. Il faut corriger la situation pour éviter que le problème dure avec les dents permanentes qui, elles, ne donneront pas une deuxième chance.
Qu’aimez-vous boire et que donnez-vous à boire à vos enfants pour accompagner un délicieux morceau de gâteau? Du lait pour plusieurs, n’est-ce pas? Comme la nature est bien faite!
Le lait, bien qu’il contienne naturellement du sucre (lactose), ne contribue pas à la carie. Au contraire, il rend les dents plus dures et moins faciles à attaquer grâce au calcium, au phosphore et à la vitamine D qu’il fournit. Puis, avec ses protéines et ses matières grasses, c’est une boisson non acide, donc peu corrosive. Le fromage ferme serait encore meilleur, puisqu’en plus des qualités du lait, il aide à neutraliser l’acidité causée par les aliments lorsqu’on le mastique bien.
Le jus et les boissons sucrées sont tout à l’opposé. Elles sont acides et maintiennent la bouche acide longtemps, ce qui, combiné aux sucres dont les bactéries raffolent, est la recette parfaite pour les caries. Si vous préférez tout de même le jus, terminez au moins votre festin en buvant un verre d’eau ou en vous rinçant la bouche avec. Ce n’est sans doute pas le conseil le mieux adapté aux petits mangeurs toutefois, puisque si vos enfants sont comme les miens, ils ne maîtrisent pas encore très bien la technique du rinçage de bouche…
Oups! Dégât.
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Déjà? Un autre rendez-vous chez le médecin? À 1, 3, 6, 9, 12, 18 et 24 mois : on les rencontre souvent, les médecins ou pédiatres de nos enfants! Et quand un nouvel enfant arrive dans la famille tous les 2 ans, on prend un abonnement!
Je suis curieuse de voir, au prochain rendez-vous, sur quelle courbe de croissance notre médecin inscrira la taille et le poids des enfants. Je présume qu’elle continuera sur les courbes utilisées depuis la naissance de Laura et de Benjamin. Mais pour le prochain bébé, y aura-t-il une transition?
La question se pose, puisque de nouvelles courbes de croissance ont été élaborées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Enfin, aussi nouvelles que des outils créés en 2006 peuvent être « nouveaux » en 2010! La nouveauté, c’est que 4 regroupements de spécialistes au pays – les Diététistes du Canada, la Société canadienne de pédiatrie, le Collège des médecins de famille du Canada et les Infirmières et infirmiers en santé communautaire du Canada – en ont finalement recommandé l’usage la semaine dernière.
Il y a plusieurs différences entre les nouvelles courbes de croissance de l’OMS et les plus anciennes, élaborées par les Centers for disease Control and Prevention (CDC) aux États-Unis. Les courbes des CDC sont basées sur l’étude, échelonnée sur plusieurs années, du poids et de la taille de milliers d’enfants. Des moyennes en sont tirées et présentées sous forme de graphique. Le poids et la taille de votre enfant sont ainsi simplement comparés à ceux d’autres enfants du même âge et du même sexe. On dit ces courbes de croissance « descriptives ». Or, dans un contexte où les problèmes de poids augmentent sans cesse, les courbes qui décrivent la situation sont loin de présenter une référence idéale…
Les normes de croissance de l’OMS indiquent plutôt comment les enfants devraient grandir. Elles « prescrivent » le rythme de croissance attendu des enfants grandissant dans des conditions optimales. Elles sont notamment un meilleur outil pour détecter les enfants à risque d’obésité.
Mais attention! Un seul point sur une courbe ne permet pas de dire qu’un enfant a un problème de poids (insuffisance ou surplus). Plusieurs mesures au fil du temps sont nécessaires avant de pouvoir faire une quelconque interprétation. C’est de cette façon qu’on peut, par exemple, observer que le poids et la taille de notre enfant demeurent sensiblement toujours dans les mêmes percentiles ou, qu’au contraire, ils chutent ou s’élèvent abruptement. Pour une interprétation juste, mieux vaut demander l’avis d’un médecin ou d’un nutritionniste.
Au cours de leur vie, la majorité des enfants passent par une période d’embonpoint transitoire. Il ne faut pas s’énerver trop vite avec les petites rondeurs. Il est fréquent de voir un bébé dont le poids augmente proportionnellement plus que la taille durant ses 2 premières années de vie environ. Ce sont les années des belles joues et des bedons ronds! Généralement, son corps s’amincit progressivement jusqu’à l’âge de 4 ans à 6 ans, puis il se met éventuellement à accumuler de nouvelles réserves adipeuses (de graisses). C’est comme de l’énergie en banque pour la poussée de croissance qui l’attend à l’adolescence! On appelle ce phénomène « rebond d’adiposité », et les courbes de croissance en tiennent compte. Il ne faut donc pas créer de préoccupations injustifiées sur le poids et encore moins imposer un régime.
Si le poids de vos enfants vous préoccupe, parlez-en à un nutritionniste. Et de grâce, parlez-en avant de transmettre cette préoccupation à vos enfants.
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Chaque fois que j’ouvre l’armoire pour sortir ne serait qu’un cul de poule, c’est instantané, Benjamin s’amène. Mon petit bonhomme de 21 mois ne vient pas faire de la musique avec mes casseroles, il vient cuisiner! Il tire une chaise jusqu’au comptoir, prend son chapeau de chef dans le tiroir et demande une « u-ière » (cuillère). Une fois debout sur sa chaise et la toque replacée, il attend, armé de sa u-ière.
En attendant aussi patiemment qu’il en est capable, Benjamin me regarde sortir les ingrédients de la recette. Insouciante, je dépose un oeuf sur le comptoir. Sans une seconde d’hésitation, Benjamin le saisit et reproduit ce qu’il me voit faire avec : toc toc sur le comptoir pour fêler la coquille. Mais lui, il fait TOC. Une seule fois. Il n’y avait plus d’oeuf pour le faire une seconde fois!
Vous ai-je dit que c’est en cuisinant qu’il a appris à dire « dégât »?
Ça a beau mettre de la farine partout, ralentir mon travail et exiger une attention sans relâche, ce sont des détails. Le plaisir prend toujours le dessus. J’ai toujours cru que cuisiner était aussi amusant pour des enfants que jouer. Avec le livre que j’ai découvert récemment, c’est encore plus vrai : Mandoline. J’ai ça dans le sang!, dont le visuel est aussi beau que dans un livre d’histoire.
Mes 2 enfants ont remarqué le nouveau livre dans la bibliothèque. Occupant une double page tout en rose, la mousse aux fraises est la recette qui a retenu l’attention de ma fille de 3 ans. Benjamin a bien aimé le dessin du poisson, même s’il est encore petit pour profiter des informations sur les oméga-3 qui sont sur la même page… Il faut dire que l’auteure et nutritionniste Nathalie Régimbal sait joindre l’utile à l’agréable! Recettes, comptines, histoires et activités; toutes les façons sont bonnes pour intéresser les enfants aux aliments.
Si vous n’êtes pas encore convaincu du bonheur que peut vous apporter la cuisine avec les enfants, l’anecdote suivante touchera peut-être une corde sensible…
Il y a un peu plus d’un an, je racontais à une amie que je laissais ma fille casser des oeufs. Elle était surprise de voir que je me risquais à laisser un oeuf entre les mains d’une petite de 2 ans. Plus délicate que son frère, elle frappait l’oeuf parfois jusqu’à 5 ou 6 fois sur le comptoir pour le craquer. Je gérais donc plutôt bien ce « risque ». Toujours est-il que ça a donné l’idée à mon amie de laisser son fils casser un oeuf.
Son petit garçon avait l’habitude des cuillères de bois et des tasses de farine. Mais l’oeuf fragile, dont la manipulation était réservée aux grands, le fascinait. Quand sa mère en a tendu un vers lui, il a avancé sa main, incrédule. Le tenant fermement - mais pas trop - il s’est exécuté. Toc toc. Comme un pro. Puis, encore ébahis, il s’est tourné vers sa mère. Spontanément et avec toute l’intensité du moment, il a dit :
- « Maman, je t’aime! »
Est-ce que ça vous donne le goût de cuisiner avec vos enfants?
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