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Dans mon assiette

Blogue de Stéphanie Côté
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque semaine!

janvier 2010 - Billets

Nos experts
  • 2 commentaire(s)
    7 465 aperçus

    Bien manger à la garderie

    La gardienne de mes enfants est algérienne. Fidèle à ses origines, elle prépare régulièrement de la soupe aux lentilles, du couscous aux pois chiches et divers types de poisson. En plus de leur faire découvrir des spécialités de son pays, c’est aussi elle qui leur a fait découvrir… le Kraft dinner, les Froot Loops et les biscuits-sandwich Ritz!

    Je le dis en souriant parce que je sais que, somme toute, l’alimentation de mes deux amours au service de garde est relativement bien équilibrée. Leur gardienne ne les force pas à manger, pas plus qu’elle ne restreint les quantités qu’ils peuvent avaler. Laura nous rapporte que l’heure du dîner est agréable, de même que le moment de la collation, « surtout quand on mange en écoutant les bonshommes à la télévision », précise ma fille. Oups!

    Ce n’est pas parfait, mais j’ai de la difficulté à intervenir. Je ne veux pas être la maman « diététeuse ». Tout ce que j’ai trouvé à faire, c’est de répondre volontiers aux questions de ma gardienne et de lui offrir le livre que j’ai écrit.

    Pour bien manger et pour préparer de bons repas aux enfants, ça prend de la bonne volonté, mais aussi un minimum de connaissances. Comme mamans, on s’informe, on lit, on pose des questions. Que font les éducatrices et les responsables de l’alimentation des services de garde pour s’informer? Les réponses sont variables. Il y a les autodidactes, les programmes de perfectionnement des regroupements de CPE et, fraîchement mis en ligne, la nouvelle ressource web d’Extenso : www.nospetitsmangeurs.org!

    Ce site Internet a été créé dans le cadre du projet de recherche Offres et pratiques alimentaires revues dans les services de garde du Québec que pilote Extenso. Durant la première année du projet, les nutritionnistes du Centre de référence en nutrition humaine de l’Université de Montréal sont allés visiter plus d’une centaine de CPE et de garderies dans la province. Ils en ont ramené des données précieuses sur les façons de faire, les préoccupations et les connaissances culinaires, alimentaires et nutritionnelles des responsables des services alimentaires. L’an 2 sera consacré aux éducatrices et l’an 3, aux parents.

    Ainsi, le site répond aux besoins dégagés lors des visites et dans les questionnaires auto administrés. Il offre des articles, un planificateur de menus, des recettes (pour nourrir au moins 50 enfants), un centre d’appels électroniques pour répondre aux questions, et plus encore. Parlez-en dans les milieux de garde de vos enfants!

    Les habitudes et les préférences alimentaires se forment en grande partie durant la petite enfance. On y joue un rôle de premier plan en tant que parents. Mais puisque mes enfants passent au moins autant de temps chez la gardienne qu’à la maison, il m’apparaît essentiel que leur « 2e maman » et moi soyons sur la même longueur d’onde en ce qui concerne leur alimentation.

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
  • 8 commentaire(s)
    4 189 aperçus

    Du lait, du lait... trop de lait?

    J’ai un petit veau. Mon garçon de 1 ½ an est complètement accro au lait. Au yait, comme il dit. Il commence sa journée avec une bouteille de lait, et il la termine de la même manière. Entre les deux, je ne compte plus le nombre de fois où j’entends « yait, yait ». Et le plus impatient « YÊÊÊ, YÊÊÊ »!

    Bref, je n’ai aucune difficulté à lui faire boire les 600 ml recommandés aux enfants de 2 ans et moins (et 500 ml pour les autres) pour combler leurs besoins en vitamine D. En calcium aussi, bien sûr, mais le calcium est plus facile à trouver dans d’autres aliments. La raison est que le lait est enrichi de vitamine D. Le fromage, non. Le yogourt, parfois seulement.

    En fait, je me demande si Benjamin ne boit pas plus que 900 ml par jour. On achète le lait 3,25 % M.G. à coup de 4 l, et on retourne à l’épicerie en milieu de semaine. Laura en boit évidemment, mais je dois aussi ajouter le lait bu à la garderie. Un vrai p’tit veau, je vous dis!

    Est-ce que ça se peut boire trop de lait? Oui. Pas dans le sens dangereux du terme, mais dans le sens il-faut-boire-et-manger-autre-chose-de-temps-en-temps. Le maximum raisonnable : 900 ml par jour.

    Le lait a beau être nourrissant, il n’est pas le seul aliment important pour la santé. Un enfant qui boit beaucoup de lait, surtout avant de manger, a nécessairement moins faim aux repas. Même l’appétit de mon p’tit costaud n’est pas à toute épreuve! La preuve : son seul « carré » de toast de ce matin. Dans un moment de faiblesse – O.K. je l’avoue, et d’exaspération – je lui ai servi une deuxième (petite) bouteille de lait… Finie la rôtie!

    Il est préférable de donner du lait aux enfants lors des repas et des collations, et de l’eau en d'autres temps. Ça les aide à bien distinguer leurs sensations de soif et de faim. Pour s’assurer qu’ils mangent aussi, mieux vaut attendre qu’ils aient avalé au moins quelques bouchées de leur repas. En passant, si vous vous questionnez sur la contre-indication à boire en mangeant pour faciliter la digestion, sachez que c’est un mythe. Le corps ajuste sa sécrétion de sucs gastriques et d’enzymes digestifs à la consistance et à la quantité d’aliments mangés. La seule préoccupation est celle de l’appétit compromis, et ça, ça dépend des enfants.

    Le fait que mes enfants aiment beaucoup le lait a plus d’avantages que d’inconvénients. À part son rôle dans le développement et le maintien de la santé osseuse, il contribuerait également à maintenir un poids santé. Des études ont démontré que les gens – adultes et enfants – qui consomment plus de calcium provenant des produits laitiers ont un poids inférieur à ceux qui en consomment très peu. Une des hypothèses stipule que le calcium serait apte à stimuler la dégradation des molécules de gras dans l’organisme et à en freiner la production. D’autres études sont nécessaires pour confirmer ces résultats et expliquer les mécanismes exacts, mais ça demeure intéressant.

    Quoi qu’il en soit, je préfère que Laura et Benjamin soient de grands buveurs de lait plutôt que grands buveurs de jus ou de boissons gazeuses. Plusieurs enquêtes ont démontré que les jeunes qui boivent beaucoup de lait boivent moins de boissons sucrées, et vice et versa. Quand on pense que les boissons gazeuses sont souvent associées à l’embonpoint et l’obésité, je trouve ça plutôt rassurant. D'accord, ce n'est peut-être pas à 1 ½ an ou 3 ½ ans que les boissons gazeuses sont un problème, mais j'ai de l'espoir que mes enfants ne feront pas un virage à 180 degrés par rapport au lait. C'est ma « source naturelle de réconfort »!

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
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    1 655 aperçus

    Du ketchup à toutes les sauces...

    Un de mes neveux vient à peine de fêter son 2e anniversaire qu’il entre dans son « terrible two ». Entre autres manifestations, le petit monsieur devient terriblement possessif envers… la bouteille de ketchup! Puisqu’il est capable d’ouvrir la porte du réfrigérateur, il l’obtient lui-même, sans trop de difficulté. Gare à celui qui convoite son bien! Il veut du ketchup sur tous les aliments et si sa mère ne s’y opposait pas, il en verserait même dans sa soupe.

    Est-ce que je me trompe si je pense que tous les enfants aiment le ketchup? Pour plusieurs d’entre eux, c’est l’ingrédient miracle qui fait manger de la viande, des légumes, du tofu, des lentilles et j’en passe. Et pour bien des parents, c’est la solution miracle pour que leurs enfants mangent des aliments des 4 groupes alimentaires.

    Oui, le ketchup est fait à base de tomates et renferme une bonne quantité de lycopène, cet antioxydant qui protège entre autres contre le cancer de la prostate. Mais il contient aussi passablement de sucre et de sel. Bref, son profil nutritionnel est loin d’être exemplaire. Les parents le savent, mais le ketchup demeure un compromis accepté pour assurer un certain équilibre alimentaire et un climat agréable à l'heure des repas.

    C’est vrai qu’il n’est pas facile de faire aimer certains aliments aux enfants. Ça s’explique notamment par leur néophobie, c'est-à-dire leur réticence naturelle devant la nouveauté. Bref, c’est tout à fait normal. Mais, à force d’expositions et de contacts avec les aliments « suspects », les enfants finissent par les apprivoiser et même par les apprécier. Il faut donc faire preuve de patience, encourager à goûter sans forcer à manger, et fournir un bon exemple d’ouverture aux nouvelles expériences gustatives!

    Je n’ai rien à redire contre le ketchup utilisé comme condiment – en petite quantité. C’est lorsqu’il camoufle le goût des aliments que je crois qu’il n’est pas la meilleure méthode pour élargir la « palette alimentaire » des enfants. C’est une solution temporaire.

    Que faire alors? Diminuez la quantité de ketchup utilisée, demandez à vos enfants de goûter avant d’ajouter la fameuse sauce aux tomates et offrez-leur une variété de condiments et de sauces (tzatziki, raïta, hoummos, etc.). Évitez de mélanger un aliment méconnu ou mal-aimé à ceux mieux acceptés, car l’enfant risque de refuser tout d’un bloc. Cela dit, au risque de me répéter : le temps et la persévérance sont vos meilleurs alliés. 

    Je ne connais aucune famille québécoise qui n’achète pas de ketchup. C’est la place qu’il occupe d’un foyer à l’autre qui varie. Je mets moi aussi du ketchup dans mon hamburger… et je dois avouer que la magnifique Stéphanie Zinone (du film Grease 2, qui a marqué mon enfance) y est pour quelque chose. Mais contrairement au personnage incarné par Michelle Pfeiffer, j’évite que ce soit « double ketchup »!

    Vos enfants sont-ils « accros » du ketchup? Quelle est leur recette la plus inusitée?

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
  • 4 commentaire(s)
    1 821 aperçus

    Manger en famille comme résolution

    Quand j’étais jeune, nous mangions toujours en famille. Ma mère gardait des enfants à la maison et mon père travaillait à quelques minutes en voiture, alors même le dîner des jours de semaine, nous étions réunis. Petit-déjeuner, dîner, souper, jour après jour. Vu le nombre d’enfants présents, mais surtout parce qu’il aimait ça, mon père en avait souvent un sur les genoux. Je garde un merveilleux souvenir de cette époque.

    Avec ma petite famille, nous partageons en moyenne 2 repas par jour. Avec tous les préparatifs du matin, le petit-déjeuner représente un défi, mais le souper est sacré.

    Malheureusement, dans bien des foyers, le repas familial est l’exception plutôt que la règle. C’est triste parce qu’il s’agit d’une occasion en or pour inculquer de saines habitudes aux enfants. En effet, la petite enfance est une période cruciale pour l’établissement des habitudes et des préférences alimentaires.

    La variété et l’équilibre des repas sont importants, mais ils ne sont pas les seuls. Notre rôle de modèle, en tant que parents, est de premier plan. C’est en nous regardant manger – et en nous imitant – que nos enfants se définissent comme mangeur. Notre ouverture aux découvertes, notre attitude envers les aliments, notre critique des saveurs et des textures, et notre plaisir à manger ont des effets directs sur eux.

    Des enquêtes révèlent que les familles réunies pour les repas s’alimentent mieux que les autres. Elles consommeraient plus de fibres alimentaires et de produits laitiers, et moins de gras et de sel. On n’explique pas le lien, mais on l’observe!

    Autre bénéfice important, les repas en famille contribuent à la santé mentale, en permettant notamment aux enfants de ressentir un meilleur soutien affectif. Ce n’est pas surprenant quand on y pense, puisqu’ils sont des moments privilégiés pour échanger et resserrer des liens. Ce qui est plus étonnant, c’est que les repas familiaux contribueraient même à éloigner les problèmes de dépression, d’anxiété, de décrochage scolaire et de toxicomanie.

    Évidemment, il y a au moins 2 conditions de succès aux repas en famille. La première est l’absence de la télévision. Pas de distraction de la sorte. Au programme : la famille. La seconde condition est l’harmonie. On évite les réprimandes et les sujets de discorde qui feraient fuir certains membres de la famille. Faites en sorte que vos enfants ne fassent pas partie du tiers des petits Québécois de 4 ans qui considèrent les repas désagréables…

    En sachant tout cela, les récits de Laura à table – ses joies et ses peines de la journée, ses rêves de la nuit, ses « moments préférés » de la fin de semaine – ne sont pas seulement mignons. Ils sont rassurants.

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
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