Lors d’un récent voyage aux États-Unis, il y avait quelques échantillons de produits dans ma chambre d’hôtel. Pas ceux qu’on trouve sur tous les comptoirs de salle de bain, mais un vrai sac de « cadeaux ». Emballée, je le déballe. Du déodorant et des tampons : c’est pratique. Du dentifrice : c’est une bonne chose, puisqu’on m’a confisqué le mien à l’aéroport. Du Pepto-Bismol… pour enfants! QUOI?! Ben voyons donc, ça ne se peut pas! Pourquoi les enfants auraient-ils besoin d’un médicament pour les aider à digérer et apaiser leurs brûlures d’estomac? C’est moi qui suis estomaquée!
Pendant ce voyage, j’ai passé une semaine à Fruita, une petite ville du Colorado. C’est un véritable paradis du vélo de montagne. Dans les environs, il y a des centaines de kilomètres de sentiers qui sillonnent les Rockies. Les enfants apprennent à pédaler en même temps qu'à marcher. J’ai croisé des petits de 4 ans ou 5 ans meilleurs que moi en vélo de montagne. (Ceux qui me connaissent diront que la barre n’est pas bien haute, mais tout de même!) Le sport fait partie de leur vie.
Erreur! Le sport fait partie de la vie de CERTAINS enfants. Probablement ceux dont le sport fait partie de la vie de leurs parents. Ça excluait le tenancier de notre hôtel… et son fils. Je crois qu’ils vivaient sur place. En tout cas, ils s’étaient installés confortablement. Quand un client attendait à l’accueil, le tenancier se présentait lentement, une télécommande à la main, en léchant les doigts de l’autre main. Son fils – on le devinait à la ressemblance – le suivait parfois. On devinait clairement que le sport – et les saines habitudes de vie en général – n’était pas leur priorité. Le jeune garçon appartenait aux statistiques alarmantes sur l’obésité infantile… et était sans doute un consommateur de ce fameux Pepto-Bismol.
Les Américains sont peut-être plus « big » que les Canadiens, mais on peut penser qu’ils ont simplement de l’avance sur nous! La dernière enquête en santé publique au Canada révèle que 25 % des enfants de 2 ans à 17 ans affichent un surplus de poids. De ceux-ci, 6 % des enfants de 2 ans à 5 ans sont carrément obèses. Ces chiffres, que les médias ont repris récemment datent pourtant de 2004. Le rapport de la Fondation des maladies du coeur de l’Ontario, publié la semaine dernière, laisse penser que la situation ne s’améliore pas. Il nous apprend notamment que les petits Ontariens ne mangent pas assez de fruits et de légumes et qu’ils ne bougent pas assez. Le constat concerne fort probablement un bon nombre d’enfants québécois aussi.
C’est attristant. L’obésité et ses conséquences, bien sûr, mais également les causes. Il me semble que des enfants, c’est fait pour jouer, courir, sauter, grimper, danser. Les enfants apprennent à se nourrir comme ils sont nourris. S’ils ne bougent pas suffisamment, s’ils ne mangent pas équilibré, c’est que leur encadrement et leur environnement – familial et social – ne le favorisent pas. On a vraiment du travail à faire.
Un travail qui ne passe certainement pas par le développement de médicaments contre les brûlures d’estomac et autres inconforts digestifs des enfants. « Continuez à manger nachos, pizza, frites, poulet pané, crème glacée, etc. Continuez de vous gaver d’aliments hyper gras. Ce n’est pas grave, on a ce qu’il faut pour vous soulager. »
Honnêtement, qui pourrait penser que des messages publicitaires de ce genre puissent faire partie d’une quelconque solution?