La semaine dernière, plusieurs médias ont fait une nouvelle avec la recommandation du Fond mondial de recherche contre le cancer, c'est-à-dire de cesser de donner de la charcuterie aux enfants. Les mamans – et les papas – n’ont pas fini de se casser la tête avec les lunchs. Mais cette nouvelle ne concerne pas seulement les écoliers. Les petits aussi aiment les sandwichs! Faut-il bannir le populaire jambon de leur alimentation?
Comme la plupart des nutritionnistes, je dirais non. Je n’aime pas ce mot : bannir. Fini! Adios! Je ne suis d'accord avec aucun extrême, et surtout pas ceux qui obligent à faire un X définitif sur un aliment, quel qu’il soit. Je suis partisane de la modération. Notamment pour les charcuteries.
C’est vrai, les études démontrent assez clairement que manger beaucoup de charcuteries augmente les risques de souffrir d’un cancer colorectal. Une quantité d’à peine 25 g – à peine une tranche – par jour suffirait à accroître les risques. Mais logiquement, il y a une nette différence entre 25 g par jour TOUS les jours et 25 g par jour, une fois de temps en temps. Quand on parle de variété, d’équilibre et de modération en alimentation, on ne se trompe généralement pas.
Quel est le problème avec les charcuteries? Ce sont principalement les nitrites. Les nitrites sont des agents de conservation qui aident entre autres à éviter la croissance de bactéries, dont le Clostridium botulinum qui cause le botulisme. Ça, c’est leur bonne action. Leur mauvaise, c’est qu’ils peuvent se transformer en substances cancérigènes dans notre corps – et celui des enfants, évidemment. L’industrie cherche des solutions de rechange aux nitrites, mais ils sont encore très présents dans presque toutes les charcuteries, le jambon et certains fromages. On peut aisément les repérer dans les listes d’ingrédients.
Les experts en cancer recommandent depuis des mois, voire des années, de limiter le plus possible notre consommation de charcuterie. La recommandation à l’égard des enfants spécifiquement est relativement nouvelle. Elle se justifie entre autres par le fait que c’est durant l’enfance qu’on développe ses préférences et ses habitudes alimentaires. Il est donc préférable de leur faire découvrir des substituts aux charcuteries. Les garnitures à sandwich ne manquent pas : du poulet, un rôti de porc ou de boeuf « ordinaire », cuit maison puis tranché, des oeufs, une tartinade de tofu ou de pois chiches (hoummos), du thon ou du saumon en boîte, du fromage, du végépâté, etc.
Règle générale, les charcuteries « végétariennes », qui ressemblent parfois à s’y méprendre aux véritables charcuteries, ne renferment pas de nitrites. Vérifiez la liste d’ingrédients pour vous en assurer. Elles peuvent être intéressantes à cet égard, mais ne perdez toutefois pas de vue leur teneur en sel.
C’est maintenant que se décide quel sandwich votre enfant voudra retrouver dans sa boîte à lunch quand il ira à l’école. Qui a dit qu’il fallait attendre qu’il ait 5 ans avant de se casser la tête avec la question des lunchs?!