- Maman, j’ai encore faim.
Il y a quelques mois, Laura me servait cette réplique régulièrement quand c’était l’heure de se coucher. Pauvre chouette, je ne la laissais pas aller se coucher le ventre vide. Elle mangeait un fruit, un morceau de fromage, un biscuit à l’avoine ou des céréales et elle se mettait au lit. Après 3 ou 4 jours de suite, j’ai cru comprendre ce qu’elle manigançait; elle retardait l’heure d’aller dormir. Mais si elle avait vraiment faim? Les enfants savent écouter leurs signaux de faim et de satiété… Ça y est, j’ai eu un doute.
- Qu’est-ce que tu en penses chéri, elle a faim ou elle me niaise?
- C’est toi qui a écrit un livre sur l’alimentation des enfants, pas moi!
Bon, je suis censée faire quoi? Quand on est maman et nutritionniste, les questionnements de maman précèdent souvent les réponses de nutritionniste! Réfléchissons. Laura a bien mangé pour souper et elle a bu un gobelet plein de lait en sortant du bain. Tout ça, il n’y a pas plus de 90 minutes. Je tranche : pas de collation avant d’aller au lit.
- Maman, mon ventre est vide. Il dit : « je veux manger », insiste ma grande de 3 ans.
Ah non, pas les supplications! Comment vais-je résister? « Du calme Steph, du calme, c’est toi le boss. » C’est vrai. On respire.
- Non Laura, je pense que tu cherches des excuses pour ne pas aller te coucher. Au lit!
- O.K. d’abord. Bonne nuit maman.
J’ai peut-être oublié quelques « oui », « non », « oui », « non » échangés avec ma cocotte, mais je suis tout de même restée sur mes positions. Elle a compris que je ne mordrais plus à son hameçon. Dossier clos. Du moins, je le croyais…
Ce soir, à peine une heure après être sortie de table, Laura me demande une collation. Ça lui arrive de temps en temps. A-t-elle vraiment faim? C’est possible, parce qu’elle mange peu au souper. En fait, elle met vite son assiette de côté en attendant son dessert. Elle prendrait une seconde portion de dessert si j’acceptais. Mais je ne le fais pas. Soit elle mange son repas principal, soit c’est terminé. Je n’accepte pas plus une heure après, car ce serait son nouveau truc pour manger une collation plutôt qu’un repas. Elle doit apprendre qu’il y a des moments prévus pour manger, qu’on ne grignote pas toute la journée. Le garde-manger n’est pas un dépanneur ouvert 24 h sur 24, 7 jours sur 7.
Ce n’est pas une question d’exercer un pouvoir sur ma fille. Déterminer le « quand on mange » fait partie des responsabilités des parents. Il faut établir une structure et des limites. Et je sais que je dois être cohérente, car ce sont mes limites à moi que Laura teste!