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Blogue de Stéphanie Côté
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque semaine!
août 2009 - Billets
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La semaine dernière, plusieurs médias ont fait une nouvelle avec la recommandation du Fond mondial de recherche contre le cancer, c'est-à-dire de cesser de donner de la charcuterie aux enfants. Les mamans – et les papas – n’ont pas fini de se casser la tête avec les lunchs. Mais cette nouvelle ne concerne pas seulement les écoliers. Les petits aussi aiment les sandwichs! Faut-il bannir le populaire jambon de leur alimentation?
Comme la plupart des nutritionnistes, je dirais non. Je n’aime pas ce mot : bannir. Fini! Adios! Je ne suis d'accord avec aucun extrême, et surtout pas ceux qui obligent à faire un X définitif sur un aliment, quel qu’il soit. Je suis partisane de la modération. Notamment pour les charcuteries.
C’est vrai, les études démontrent assez clairement que manger beaucoup de charcuteries augmente les risques de souffrir d’un cancer colorectal. Une quantité d’à peine 25 g – à peine une tranche – par jour suffirait à accroître les risques. Mais logiquement, il y a une nette différence entre 25 g par jour TOUS les jours et 25 g par jour, une fois de temps en temps. Quand on parle de variété, d’équilibre et de modération en alimentation, on ne se trompe généralement pas.
Quel est le problème avec les charcuteries? Ce sont principalement les nitrites. Les nitrites sont des agents de conservation qui aident entre autres à éviter la croissance de bactéries, dont le Clostridium botulinum qui cause le botulisme. Ça, c’est leur bonne action. Leur mauvaise, c’est qu’ils peuvent se transformer en substances cancérigènes dans notre corps – et celui des enfants, évidemment. L’industrie cherche des solutions de rechange aux nitrites, mais ils sont encore très présents dans presque toutes les charcuteries, le jambon et certains fromages. On peut aisément les repérer dans les listes d’ingrédients.
Les experts en cancer recommandent depuis des mois, voire des années, de limiter le plus possible notre consommation de charcuterie. La recommandation à l’égard des enfants spécifiquement est relativement nouvelle. Elle se justifie entre autres par le fait que c’est durant l’enfance qu’on développe ses préférences et ses habitudes alimentaires. Il est donc préférable de leur faire découvrir des substituts aux charcuteries. Les garnitures à sandwich ne manquent pas : du poulet, un rôti de porc ou de boeuf « ordinaire », cuit maison puis tranché, des oeufs, une tartinade de tofu ou de pois chiches (hoummos), du thon ou du saumon en boîte, du fromage, du végépâté, etc.
Règle générale, les charcuteries « végétariennes », qui ressemblent parfois à s’y méprendre aux véritables charcuteries, ne renferment pas de nitrites. Vérifiez la liste d’ingrédients pour vous en assurer. Elles peuvent être intéressantes à cet égard, mais ne perdez toutefois pas de vue leur teneur en sel.
C’est maintenant que se décide quel sandwich votre enfant voudra retrouver dans sa boîte à lunch quand il ira à l’école. Qui a dit qu’il fallait attendre qu’il ait 5 ans avant de se casser la tête avec la question des lunchs?!
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- Maman, j’ai encore faim.
Il y a quelques mois, Laura me servait cette réplique régulièrement quand c’était l’heure de se coucher. Pauvre chouette, je ne la laissais pas aller se coucher le ventre vide. Elle mangeait un fruit, un morceau de fromage, un biscuit à l’avoine ou des céréales et elle se mettait au lit. Après 3 ou 4 jours de suite, j’ai cru comprendre ce qu’elle manigançait; elle retardait l’heure d’aller dormir. Mais si elle avait vraiment faim? Les enfants savent écouter leurs signaux de faim et de satiété… Ça y est, j’ai eu un doute.
- Qu’est-ce que tu en penses chéri, elle a faim ou elle me niaise? - C’est toi qui a écrit un livre sur l’alimentation des enfants, pas moi!
Bon, je suis censée faire quoi? Quand on est maman et nutritionniste, les questionnements de maman précèdent souvent les réponses de nutritionniste! Réfléchissons. Laura a bien mangé pour souper et elle a bu un gobelet plein de lait en sortant du bain. Tout ça, il n’y a pas plus de 90 minutes. Je tranche : pas de collation avant d’aller au lit.
- Maman, mon ventre est vide. Il dit : « je veux manger », insiste ma grande de 3 ans.
Ah non, pas les supplications! Comment vais-je résister? « Du calme Steph, du calme, c’est toi le boss. » C’est vrai. On respire.
- Non Laura, je pense que tu cherches des excuses pour ne pas aller te coucher. Au lit! - O.K. d’abord. Bonne nuit maman.
J’ai peut-être oublié quelques « oui », « non », « oui », « non » échangés avec ma cocotte, mais je suis tout de même restée sur mes positions. Elle a compris que je ne mordrais plus à son hameçon. Dossier clos. Du moins, je le croyais…
Ce soir, à peine une heure après être sortie de table, Laura me demande une collation. Ça lui arrive de temps en temps. A-t-elle vraiment faim? C’est possible, parce qu’elle mange peu au souper. En fait, elle met vite son assiette de côté en attendant son dessert. Elle prendrait une seconde portion de dessert si j’acceptais. Mais je ne le fais pas. Soit elle mange son repas principal, soit c’est terminé. Je n’accepte pas plus une heure après, car ce serait son nouveau truc pour manger une collation plutôt qu’un repas. Elle doit apprendre qu’il y a des moments prévus pour manger, qu’on ne grignote pas toute la journée. Le garde-manger n’est pas un dépanneur ouvert 24 h sur 24, 7 jours sur 7.
Ce n’est pas une question d’exercer un pouvoir sur ma fille. Déterminer le « quand on mange » fait partie des responsabilités des parents. Il faut établir une structure et des limites. Et je sais que je dois être cohérente, car ce sont mes limites à moi que Laura teste!
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Dans ma famille, les bébés sont joufflus et dodus. Surtout joufflus. Et certains, dodus! « De beaux bébés en santé », comme disent nos grands-mères. Il ne m’est jamais venu à l’idée de les trouver gros. Il ne m’est surtout jamais venu à l’idée de leur imposer une alimentation faible en gras.
Pendant qu’on fait tout pour réduire la teneur en matières grasses des aliments sur le marché, il peut être difficile de croire que les gras sont pourtant nécessaires à la santé. Ils permettent notamment au corps d’absorber certaines vitamines et autres nutriments, ils fournissent de l’énergie, ils sont essentiels au bon fonctionnement du cerveau et entrent dans la composition de plusieurs hormones. S’ils sont importants pour tout le monde, ils sont carrément essentiels aux jeunes enfants. Le lait écrémé, le yogourt sans gras et le beurre d’arachide allégé ne sont pas pour eux!
Alors que les adultes devraient puiser environ 30 % de leur apport énergétique dans les matières grasses, les petits vont y chercher 50 % des calories qu’ils consomment. L’explication se résume en un mot : croissance. Leur petit corps est un véritable chantier de construction! Leur rythme de croissance dans la première année est la plus rapide de toute leur vie.
Leurs besoins en énergie sont grands, mais leur estomac est petit. Comme les gras sont denses en calories, ils sont particulièrement utiles. Leur cerveau en développement a lui aussi de grands besoins en gras, puisqu’il en est constitué environ au tiers. Après le tissu adipeux, c’est l’organe le plus gras du corps humain!
Nul besoin d’ajouter du beurre ou de verser de l’huile sur tout ce qu’ils mangent, cependant. Ils peuvent généralement combler leurs besoins en buvant de 500 à 600 ml de lait 3,25 % M.G. par jour et en mangeant régulièrement des fromages ordinaires, du yogourt fait de lait entier ou même à 10 % M.G, des oeufs, de la viande, du saumon et autres poissons gras, du beurre d’arachide, etc. Bref, des aliments qui fournissent en même temps une foule de vitamines, de minéraux et d’autres éléments nutritifs. Les aliments gras, mais moins intéressants d’un point de vue nutritionnel, comme les frites, les croustilles, la charcuterie, les saucisses à hot dog, etc. ne devraient pas, pour leur part, être servis fréquemment, puisqu’ils prennent la place de ceux de meilleure valeur nutritive.
Souvent, les bébés dodus deviennent plus élancés lorsqu’ils commencent à marcher. Ils « étirent », comme on dit parfois! Leur croissance reste plus graduelle pendant toute la petite enfance, mais il se peut qu’ils reprennent des petites rondeurs vers 6, 7 ou 8 ans environ. On appelle ce phénomène le « rebond d’adiposité ». C’est un peu comme s’ils mettaient de l’énergie en réserve pour la poussée de croissance qui les attend à l’adolescence. Il ne faut donc pas voir ça comme un problème d’embonpoint et surtout pas imposer un régime aux enfants…
Et puis, les belles grosses joues reçoivent tellement bien les bisous!
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C’est samedi matin. Maman Nathalie (ma sœur) boit un café en faisant manger son plus jeune. Dans la pièce voisine, Juliette et Victorine, regardent les dessins animés à la télé. Au bout d’un moment, les deux grandes commencent à avoir faim.
— Maman, est-ce qu’on peut déjeuner dans le salon?
— S.v.p. maman. Dis oui, dis oui!
Si la requête vous était adressée, que répondriez-vous?
Nathalie elle, acquiesce. Elle accepte que ses filles déjeunent devant les bonshommes, une fois de temps en temps la fin de semaine. Aussi persuasives que ses filles peuvent être, elle n’accorderait pas cette permission sur une base régulière. Et elle aurait bien raison. Manger devant le petit écran n’est effectivement pas une très bonne habitude.
Quand on regarde la télévision, notre attention est tournée vers l’émission qui nous intéresse. Et si on mange en même temps, le « canal estomac » est mis en sourdine. On ne l’écoute pas et on n’entend donc pas notre corps nous dire qu’il n’a plus faim. On mange par automatisme, et c’est le fond du sac de croustilles qui nous arrête, plutôt que le fait d’être rassasié. Bref, quand on mange devant la télé, on a tendance à manger davantage. C’est vrai pour les adultes comme pour les enfants, et c’est prouvé.
Des chercheurs américains ont invité des adolescents à manger devant la télévision ou en écoutant de la musique. Tenez-vous bien : les ados ont ingurgité de 36 % à 71 % plus d’aliments devant l’écran! Ils mangeaient plus vite et aussi plus longtemps, en ne semblant pas prendre conscience de ce qu’ils faisaient. Les auteurs de l’étude ont conclu que manger des aliments familiers et caloriques (ex. : pizza, macaroni au fromage) en regardant la télévision ne pouvait que contribuer à la crise de l’obésité qui sévit actuellement. Bien que le phénomène ait été étudié auprès d’adolescents, qui voudrait prendre le risque de reproduire les résultats avec ses petits?
La télévision influence aussi la qualité de l’alimentation, à cause de ce que les comédiens ou personnages y mangent et, bien sûr, des publicités. Les enfants ne distinguent pas les messages publicitaires du contenu régulier de leurs émissions, et ne distinguent probablement pas non plus la fiction des émissions, de la vraie vie. Par déformation professionnelle, je remarque toujours ce que les gens mangent ou boivent à la télé. Les bons exemples sont rares.
Chez moi, il y a eu quelques collations qui se sont mangées dans le salon. J'ai changé d'avis, mais pas seulement pour des raisons de santé... J'ai des divans beiges qui conservent un historique de tout ce qui y est renversé et de tout ce que les petits doigts y ont essuyé. Il y a parfois des permissions spéciales sur le petit fauteuil de peluche rose, à condition que ça implique des aliments qui ne salissent pas, ne tachent pas, ne collent pas, ne coulent pas, et ne fassent pas de miettes!
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