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Blogue de Stéphanie Côté
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque semaine!
juillet 2009 - Billets
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Aimer le sel, c’est tout naturel, même pour des enfants. Si on leur en donne l’occasion, ils cultiveront ce goût et leurs papilles en demanderont toujours, voire toujours plus. Résultat : ils deviendront des adultes « surconsommateurs » de sel. Et c’est ce que nous sommes, les Canadiens en général. Les Québécois encore plus que les autres.
Les jeunes enfants ne font pas exception. Selon une grande enquête pancanadienne conduite en 2004, les enfants âgés de 1 an à 3 ans consommaient, en moyenne, deux fois plus de sodium que le nécessaire pour couvrir leurs besoins. Une grande majorité (77 %) en avalait même plus que l’apport maximal tolérable, c’est-à-dire la dose à ne pas dépasser.
Il ne suffit pas d’éviter d’ajouter du sel aux aliments pour épargner vos enfants, puisque l’enquête montre que l’ajout de sel à la table ne contribuait pas à l’apport élevé de sodium chez les petits. En fait, les chercheurs ont remarqué que c’est vers l’âge de 9 ans que les enfants commencent à prendre cette mauvaise habitude. D’où venait donc le sodium consommé? De partout, même d’où vous ne vous en doutez pas…
Presque 80 % du sel que nous ingérons provient des denrées commerciales. Vous pensez sûrement aux craquelins, aux sauces, aux soupes, aux croustilles, à la pizza, aux cocktails de légumes, etc., et c’est juste. Mais il n’y a pas que les aliments au goût salé qui sont concernés. Me croiriez-vous si je vous disais que le pain, les barres tendres, les céréales à déjeuner et même la crème glacée, les biscuits et le yogourt sont salés? C’est pourtant le cas.
J’ai été renversée lorsque j’ai appris que les céréales Rice Krispies de Kellogg’s vendues au Canada sont les plus salées du monde. Une portion de 30 g fournit 30 % du sodium nécessaire quotidiennement à un enfant. Ce n’est pas le seul fait surprenant; elles sont 85 % plus salées que les mêmes céréales vendues au Portugal et en Belgique! Et ce n’est pas un fait isolé non plus, puisqu’une récente étude a démontré que plusieurs aliments de multinationales sont plus salés chez nous qu’ailleurs. La raison, selon les fabricants? C’est ce que les Canadiens veulent.
Je crois que c’est trop facile comme réponse. Et si l’explication tenait plutôt au fait que les aliments salés sont si omniprésents sur le marché que nous nous y sommes habitués et que c'est devenu un standard? Il est possible de se déshabituer. Quelques pays de l’Union européenne ont pris cet enjeu de santé publique au sérieux et, aujourd’hui, leur population se nourrit d’aliments beaucoup moins salés. Pourquoi pas nous?
Évidemment, une des solutions pour ingurgiter moins de sel est de cuisiner davantage. Malheureusement, c’est une activité en voie d’extinction. J’exagère, mais à peine. Je ne veux pas culpabiliser personne en affirmant ça, car je sais que c’est souvent difficile. Je crois toutefois que le jeu en vaut la chandelle. Quand on cuisine, il y a tout un monde qui s’ouvre à nous. Un monde où les épices et les fines herbes peuvent damer le pion à la salière. Le problème est en partie dans la cour des fabricants alimentaires certes, mais la solution nous appartient tous un peu.
Quels sont vos trucs pour faire manger moins de sel à vos enfants?
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Si je fais abstraction des aliments proposés, je dois avouer que je trouve les annonces de McDonald's plutôt charmantes. Il y a toujours un enfant ou une situation cocasse pour me tirer un sourire. Mais dans certains cas, je ne les trouve pas drôles. Vous souvenez-vous d’une publicité de McDonald's mettant en vedette deux écoliers offrant des pépites de poulet à leur enseignante? Vous l’avez peut-être déjà vue en écoutant Ciné-cadeau avec vos enfants (ou sans eux!). McDonald's agissait alors illégalement. Pas d’avoir laissé croire que les pépites de poulet font un beau cadeau, mais bien d’avoir adressé cette publicité à des enfants.
En effet, au Québec, la publicité destinée aux enfants de moins de 13 ans est interdite depuis 1980. La Loi sur la protection du consommateur interdit notamment la promotion de produits ou d’aliments attrayants pour les enfants durant les émissions de télévision qui leur sont destinées. Des messages publicitaires sur des aliments ou des objets ayant un attrait particulier pour les jeunes peuvent toutefois être diffusés lorsque les 2 ans à 13 ans représentent moins de 5 % de l’auditoire.
McDonald's n’est pas la première entreprise à être accusée de ce méfait. Burger King, Saputo, General Mills l’ont tous été à leur tour. Il est difficile de croire qu’ils ne connaissent pas la loi. En plaidant coupable, McDo doit payer une amende de 12 000 $. Mais combien ces publicités illégales lui ont-elles rapporté? En l’espace d’une seule soirée télé, combien de petits consommateurs a-t-il interpellés? Sachant qu’une publicité de 30 secondes suffit à influencer les enfants et que la fidélité à une marque de commerce peut s’établir aussi tôt qu’à l’âge de 2 ans, le géant du fast food a certainement gagné des clients...
Les enfants ne distinguent pas la publicité de la programmation régulière. Leur naïveté et leur crédulité en font des cibles de choix, lucratives pour les entreprises. S’ils vivent dans une autre province canadienne ou aux États-Unis, ils sont davantage exposés, puisque les pratiques commerciales ne sont pas toutes aussi bien encadrées qu’au Québec. Aux États-Unis, par exemple, des experts ont évalué que 50 % des publicités diffusées durant les heures de grande écoute par les jeunes mettaient en scène des aliments qui sont, 9 fois sur 10, de piètre qualité nutritionnelle. Comment peut-on s’empêcher d’établir un lien avec l’épidémie d’obésité infantile qui y sévit?
Et il n’y a pas que la publicité à proprement parler qui s’imprègne dans le cerveau des petits. Aires de jeux, figurines, personnages de dessins animés, formes amusantes, jeux et activités sur les emballages, couleurs vives, dessins attrayants et autres les attirent vers un produit ou un restaurant plutôt qu’un autre. Vous avez compris l’astuce, mais pas vos enfants!
J’ai amené Laura une fois chez McDonald's. C’était sur la longue route (et looongue, avec deux enfants!) de Ville-Marie, en Abitibi-Témiscamingue, à Montréal. Il pleuvait à boire debout et je ne pouvais pas arrêter dans une halte routière pour permettre à ma fille, âgée alors de 2 ans, de se dégourdir. Elle a eu droit à la totale : joyeux festin, figurine des Transformers et une bonne demi-heure dans les jeux. Des trois, c’est la bouffe dont elle se souvient le moins. Mais elle se souvient tout de même de l’arche dorée…
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En camping, j’ai toujours aimé manger du gruau pour le petit-déjeuner. Si vous trouvez qu’il fait trop chaud en plein été pour cette céréale chaude, levez-vous à 5 h 30-6 h du matin pour voir si vous ne changerez pas d’avis; dans un sous-bois, à cette heure matinale, croyez-moi, il fait encore frais!
Par un de ces paisibles matins en camping, j’offre à ma fille de 3 ans de lui préparer un bon bol de gruau. « Oh oui, j’adooore le gruau! », s’exclame-t-elle en guise de réponse. Savez-vous quelle est sa saveur préférée? Est-ce à l’érable ou avec des petits bonbons multicolores? Ni l’une ni l’autre. Elle aime son gruau nature. Sans sirop, sans sucre, sans cassonade. Pourquoi? Simplement parce que c’est comme ça qu’elle l’a toujours mangé!
Évidemment, elle aimerait probablement le gruau sucré en sachet si j’en préparais. Tous les enfants apprécient les saveurs sucrées. C’est inné. Mais ils peuvent aussi aimer d’autres saveurs si on leur en donne l’occasion. Le plus facile est évidemment de leur servir des aliments peu sucrés dès leur tendre enfance, car c’est à ce moment que leurs goûts se développent. Cela dit, il n’est jamais trop tard pour renverser la vapeur.
Pour transformer lentement vos petites bibittes à sucre, vous pouvez acheter les sachets de gruau instantané avec 33 % moins de sucre. À côté des variétés aromatisées qui renferment souvent 3 et parfois 4 c. à thé de sucre, c’est une nette amélioration. Et comme il n’y a pas d’édulcorants artificiels pour compenser, le résultat est vraiment intéressant. Si vous optez pour les grands sacs de flocons d’avoine et la bonne vieille méthode de cuisson, diminuez graduellement la quantité de sucre que vous ajoutez… et évitez de laisser le sucrier sur la table. L’idéal est qu’un bol ne renferme pas plus de 1 c. à thé de sucre, de cassonade, de sirop ou de miel.
Les flocons d’avoine traditionnels n’offrent pas seulement une alternative moins sucrée. Ils sont plus écolos parce que moins emballés, et aussi moins chers. « Mais ils sont plus longs à préparer », direz-vous? Pas nécessairement, parce qu’il existe un autre mode de préparation que sur la cuisinière; les flocons à cuisson rapide cuisent en moins de 2 minutes au four à micro-ondes. Pour ma part, je prends le temps de faire cuire mon gruau dans une casserole, sur la cuisinière (ou un réchaud). Dans un mélange égal d’eau et de lait, mijoté quelques minutes, il devient onctueux, crémeux et légèrement sucré par le lait. Miam! C’est comme ça que Laura a appris à l’aimer, ou plutôt, à l’adooorer! J’ajoute parfois des bleuets ou des framboises congelés; ils refroidissent le gruau fumant et plaisent aux enfants.
C’est ma façon, mais il doit en exister autant qu’il y a de mamans qui font du gruau. Chose certaine, votre manière de le préparer aujourd’hui influencera assurément la future « recette » de gruau de vos enfants. Sera-t-elle très sucrée?
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Votre enfant n’aime pas le lait? Vous croyez qu’il n’en boit pas assez?
Le lait semble avoir un statut particulier dans l’alimentation des enfants. En effet, de quel autre aliment s’inquiète-t-on ainsi quand notre petit le refuse? Si notre bambin rechigne sur ses asperges, on ne s’inquiète pas, car il mange d’autres légumes verts. S’il n’apprécie pas la viande, on sait qu’il aime au moins le poulet et les oeufs. Tous les aliments ont des substituts. Tous, sauf le lait, semble-t-il. Ce qui fait en sorte que plusieurs mamans veulent des conseils à ce sujet… et souhaitent être rassurées.
C’est vrai que le lait, avec ses 15 éléments nutritifs essentiels, est un précieux allié pour la croissance des petits. Le calcium et la vitamine D qu’il contient, notamment, sont des incontournables quand on parle du développement des os et des dents. Mais d’autres aliments fournissent ces nutriments et peuvent contribuer à combler les besoins de votre bambin. Voici des exemples, avec leur contribution approximative à combler les besoins des jeunes enfants. Veillez à les inclure régulièrement au menu.
Vitamine D
60 g de saumon = 100 % 10 g (2 c. à thé) de margarine = 28 % Un jaune d’oeuf = 13 % 100 g de certains yogourts (vérifier sur l’étiquette) = de 8 % à 10 %
Calcium
60 g de tofu préparé avec sulfate de calcium (voir la liste d’ingrédients) = 80 % 50 g de fromage cheddar = 72 % 125 ml de yogourt nature = 45 % 15 ml (1 c. à table) de beurre d’amande = 20 % 125 ml de haricots blancs = 15 %
Pour remplacer le lait, ou simplement pour varier, sachez qu’une boisson de soya enrichie offre la même quantité de calcium et de vitamine D que le lait. C’est primordial qu’elle soit « enrichie », car une boisson non enrichie est beaucoup plus pauvre en vitamines et en minéraux. Puis, pour s’assurer de réellement retrouver le calcium dans le verre – ou le gobelet – de boisson de soya, il faut bien le brasser avant de servir, car des expériences ont démontré qu’il a tendance à se déposer au fond ou contre les parois du contenant.
Mais revenons au lait. Les recommandations, pour un petit de 1 an à 2 ans, sont de boire de 600 ml à 900 ml de lait 3,25 % M.G. (entier) par jour. Après 2 ans, il devrait encore boire 500 ml de lait quotidiennement. À savoir si ce devrait être du lait 3,25 % M.G. ou partiellement écrémé, ça dépend un peu de vous et du nombre de produits différents que vous êtes prêt à acheter. Car, bien que celui à 2 % M.G. lui convienne, vous trouverez cela sans doute plus pratique qu’il continue à boire du lait entier s’il a un petit frère ou une petite soeur qui commence à boire du lait de vache.
Voici quelques conseils, en vrac, pour faciliter la consommation de lait de votre enfant :
• Offrez-lui une petite quantité à la fois et essayez de découvrir à quelle température il le préfère. • Utilisez un joli verre ou une paille amusante. • Faites des laits frappés avec des fruits frais ou congelés. • Offrez-lui, à l’occasion ou en guise de dessert, du lait au chocolat ou aux fraises, dilué avec au moins la moitié de lait ordinaire. • Préparez des desserts maison tels que du blanc-manger, des poudings, du pouding au riz, du tapioca, etc. • Faites cuire du gruau dans du lait. • Buvez du lait, vous aussi!
Et vous, quels sont vos trucs?
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Rouge pétant, juteuses et savoureuses, les fraises du Québec sont enfin arrivées! On a beau pouvoir acheter des fraises à l’année, il n’y a rien comme manger celles de saison et, en plus, de chez nous. Les fraises du Québec sont arrivées dans les épiceries, dans les fruiteries et dans les kiosques à fruits, mais elles nous attendent aussi dans les champs. Et c’est là que je suis allée chercher mes premiers paniers, en compagnie de Laura et de Benjamin. Je cueille des petits fruits depuis aussi loin que je me souvienne et je tiens à partager ce bonheur avec mes enfants. Si mon plaisir est contagieux, la tradition se poursuivra d’elle-même. Et je dois dire qu’après cette première expérience « aux fraises », c’est mission accomplie.
À 14 mois, mon fiston s’est bourré la fraise – merci grand-papa d’avoir fourni le petit glouton! À 3 ans, Laura s’est, elle aussi rempli le bedon, mais elle a aussi rempli son panier (presque toute seule). Au début, elle ne savait pas où donner de la tête.
- Wow, y’en a beaucoup des fraises! Maman, est-ce que je peux en manger une? - Bien sûr, Laura.
Puis, elle ne savait pas où placer ses pieds et elle a, malgré elle, fait un peu de confiture!
- Maman, est-ce que je peux manger deux fraises? - Oui, oui, ma chouette.
Placée entre sa mère et sa grand-mère, Laura cueillait dans les mêmes rangs. Mais c’était entre ses petits doigts et sous son regard que les fraises prenaient des formes de coeur, de fleur ou de citrouille!
- Maman, est-ce que je peux manger trois fraises? - Tu peux en manger autant que tu veux ma cocotte! - Oh, merci!
Une heure et cinq paniers plus tard, Laura n’était pas tannée… et Benjamin n’était pas rassasié!
Ce soir-là, les fraises fraîches étaient notre dessert. Elles étaient aussi la collation du lendemain, puisque Laura tenait à partager sa cueillette avec ses amis de la garderie. Puis encore au dessert, sous forme de smoothie avec du lait, du yogourt nature, de la menthe fraîche et un peu de sirop d’érable. Nos paniers sont déjà vides et personne n’a fait de surdose. Les enfants se fichent de savoir que les fraises sont des trésors d’antioxydants, qu’elles sont peu caloriques et riches en eau; elles sont délicieuses!
Les fraises ont tout pour plaire, mais elles ont certainement une saveur particulière quand les enfants les cueillent eux-mêmes et lorsqu’elles sont associées à une activité spéciale. Merci aux producteurs qui acceptent des petits mousses aussi jeunes que 14 mois et 3 ans dans leurs champs. Ils ont compris que dans certaines familles, le plaisir et la tradition de la cueillette se transmettent tôt. Mission accomplie, disais-je? En tout cas, ça a marqué Laura.
- Maman, c’était tellement l’fun cueillir des fraises! - Laura, il est tard. Fais dodo maintenant.
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