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Dans mon assiette

Blogue de Stéphanie Côté
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque semaine!

mai 2009 - Billets

Nos experts
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    Du dessert svp!

    Chez Extenso (à l’Université de Montréal), où je travaille, il y a un projet super intéressant qui consiste à évaluer, puis à améliorer les pratiques alimentaires dans 100 services de garde au Québec. Mes collègues ont déjà obtenu les menus d’environ la moitié du lot. Ils n’ont pas encore analysé le tout rigoureusement, mais ils observent néanmoins une tendance : la quasi-absence de desserts. Il y a des desserts « sages » bien sûr, comme les fruits et le yogourt, mais presque jamais (sinon jamais) de gâteaux ou de biscuits. Ça m’amène à réfléchir à la perception que les gens ont des desserts.

    Est-ce mal de donner un biscuit, de la crème glacée, un morceau de gâteau ou de tarte à son enfant à l’occasion, plutôt qu’uniquement dans les grandes occasions? Je crois que non. Et pour plusieurs raisons.

    Certains enfants à qui on donne toujours des fruits pour le dessert et la collation risquent de développer une « écoeurite » pour les fruits. Pour faire en sorte que son enfant aime les fruits et qu’il conserve l’habitude d’en manger, il ne faut pas abuser.

    Même principe pour les desserts « gâteries ». En priver un enfant ne fera qu’augmenter son attirance pour eux. Si au contraire il en mange régulièrement, il aura toutes les raisons d’être raisonnable. Ne sortez pas les tambours et les trompettes devant un dessert « cochon ». Évitez de le placer sur un piédestal.

    Il faut également éviter de se servir des aliments comme récompense. Même le « mange toute ton assiette si tu veux du dessert », qui se transmet de génération en génération, doit cesser. Le dessert n’est pas un prix à gagner quand on passe l’« épreuve » du plat principal! 

    Bien sûr, les muffins maison, les desserts aux fruits et ceux à base de lait, de même que les fruits frais ont intérêt à figurer au menu plus souvent que les desserts décadents. Mais il n’est pas nécessaire de spécifier que ce sont des choix santé. Un dessert, on le veut bon au goût. Qu’il s’agisse d’un délicieux ananas juteux et sucré, d’un muffin maison moelleux encore chaud ou d’une rafraîchissante boule de crème glacée, le plaisir est au rendez-vous.

    Chez vous, quelle place occupent les desserts?

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
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    Bientôt du beurre d’arachide?

    Mon petit Benjamin a eu 1 an récemment. Je ne lui prépare plus de purées depuis au moins deux mois, je n’ai plus à lui préparer un menu spécial, ni à lui envoyer de lunch chez sa gardienne. Enfin, il mange la même chose que nous! Ou presque, puisque bien sûr, il ne mange pas encore de crudités, ni de noix… ni de beurre d’arachide.

    J’ai une réserve à l’égard du beurre d’arachide, en pensant aux allergies alimentaires. Dans l’ensemble, elles touchent environ 6 % des enfants de moins de 3 ans, et l’arachide compte parmi les aliments les plus souvent incriminés. La prévalence de cette allergie a doublé en 10 ans. Comme les autres parents, je ne tiens pas à ce que mes enfants fassent partie des statistiques.

    Mais est-ce justifié d’éviter le beurre d’arachide? Les évidences me disent que non. Premièrement, ni moi, ni mon conjoint, ni ma fille de 3 ans ne souffrons d’allergies alimentaires. Les statistiques sont de notre côté, puisque le risque est beaucoup plus élevé quand on a une histoire familiale d’allergies. Deuxièmement, les études récentes et l’ensemble de la littérature scientifique sur le sujet ne fournissent pas de preuves évidentes au fait que l’introduction plus tardive – après l’âge de 6 mois – des aliments fréquemment allergènes protège un enfant contre les allergies plus tard dans sa vie.

    Si votre enfant est à risque (si un membre de sa famille immédiate souffre d’allergies), l’idée de retarder l’introduction de certains aliments peut être intéressante. Par exemple, si vous attendez à un âge où il pourrait mieux vous faire part de ses malaises (picotements dans la bouche ou autre) et où il serait en mesure de mieux comprendre la problématique, la gestion d’une éventuelle allergie s’en trouverait « facilitée ». Il faut toutefois faire attention de ne pas éliminer inutilement trop d’aliments, car l’équilibre nutritionnel et la santé de votre enfant pourraient être compromis.

    Dans le cas de Benjamin, le beurre d’arachide ne me semble pas être essentiel, car son alimentation est variée. Son déjeuner est parfois composé de céréales pour bébé et quand il mange des rôties, je les accompagne d’un peu de fromage ou de yogourt nature. J’envisage aussi d'essayer le beurre de pois doré (No Nuts), qui est moins allergène que le beurre d’arachide et qui apporterait plus de variété. Mais je ne repousserai pas sa découverte du beurre d'arachide encore très longtemps. De toute façon, si ce n’est pas moi qui lui en donne, c’est peut-être sa grande soeur qui y veillera!

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    Stéphanie Côté
     
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    Allaiter, c’est du sport!

    Y’en as-tu assez des bedons ronds et des poussettes sur les trottoirs! Je ne sais pas si la situation mérite officiellement l’appellation de « baby-boom », mais on est clairement dans une période prospère en bébés. Et avec ces nombreux bébés, il y a aussi des mamans qui ont l’air fatigué.

    Les nouvelles mamans sont en congé, mais pas en vacances. Être maman, c’est un travail à temps plus que plein, et ça demande beaucoup d’énergie. S’occuper d’un poupon est un travail, l’allaiter de surcroît l’est d’autant plus. Bien qu’elle ait l’air paisible lorsqu’elle donne  la tétée, la mère nourrice accomplit une tâche physiquement exigeante. Imaginez, le lait maternel contient au bas mot de 3 % à 4 % de gras et près de 170 kcal par tasse (8 onces, pour parler en termes plus familiers de biberons!). Cette énergie ne vient pas du ciel; elle vient de la maman. En fait, on dépense environ 210 kcal pour produire 8 onces de lait. Allaiter toutes les deux ou trois heures jour et nuit, c’est du sport!

    Je me suis entraînée longtemps en ski de fond et en triathlon et, pourtant, mes deux accouchements m’ont épuisée plus que n’importe quelle compétition! Et contrairement à un événement sportif, c’est après l’accouchement que le plus gros du travail commence. Avez-vous faim, voire toujours faim, pendant les jours qui suivent la naissance? C’est normal, car vos besoins nutritionnels n’ont jamais été aussi élevés. Pour supporter cette inhabituelle demande énergétique, il faut manger suffisamment. Ce n’est pas le temps de se mettre au régime, car les restrictions alimentaires pourraient nuire à la production de lait qui s’établit. Cela dit, il n’est pas nécessaire d’avaler des portions monstres pour produire assez de lait. Il faut simplement veiller à manger régulièrement et à privilégier des aliments nourrissants. Concrètement, on évite de laisser passer plus de trois heures sans manger. Trois repas et trois collations par jour sont nécessaires à la femme qui allaite. Certaines ressentiront même le besoin de manger la nuit, surtout au cours des premières semaines. Et pourquoi pas? Ce ne serait pas la première exception attribuable à l’allaitement!

    Vous allaitez en sachant que c’est bon pour votre bébé et qu’il n’est pas question de suivre un régime. Mais combien de temps faudra-t-il encore attendre avant de porter de nouveau votre jean préféré? Les vêtements de maternité, ça passe quand on est enceinte, mais après l’accouchement, on veut les voir disparaître! Généralement, le volume sanguin et la taille de l’utérus reviennent à la normale au bout de six semaines. À ce moment, la plupart des femmes pèsent toujours quelques kilos de plus qu’au moment de la conception. Si l’allaitement vous « empêche » de suivre un régime, sachez qu’il vous conduit vers votre jean préféré autrement. Il induit des contractions utérines qui permettent à l’utérus de reprendre sa place et, bien sûr, il augmente votre dépense énergétique quotidienne. Finalement, l’allaitement aide plus qu’il ne nuit. Comme la nature est bien faite!

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    Stéphanie Côté
     
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    Go go, gadget au lait!

    Les pailles Sipahh, vous connaissez? Je les ai vues, et essayées, pour la première fois au SIAL de Montréal en 2007, un salon professionnel international sur l’alimentation. Ce sont des pailles conçues pour boire du lait. Oui, oui, pour boire spécifiquement du lait! Elles renferment de petites granules qui donnent une saveur de (simili) chocolat, caramel, fraise, biscuit et crème ou vanille, au lait. Chaque paille est en mesure d’aromatiser un seul verre. Contrairement à la poudre ou au sirop chocolaté qu’on ajoute soi-même, ces pailles ajoutent peu de sucre (moins d’une demi-cuillère à thé), parce qu’elles sont édulcorées au sucralose.  

    « C’est original », ai-je d’abord pensé. « C’est un gadget », me suis-je rapidement ravisée.

    J’ai goûté à toutes les saveurs… et je n’en ai apprécié aucune. Il faut dire qu’en tant qu’amatrice de vrai lait au chocolat, je trouvais la ressemblance bien mince et, surtout, artificielle. Mais bon, je ne fais pas partie du public cible. J’ai rapporté la poignée de pailles que m’a remise l’exposant et je me suis promis de les faire essayer au public cible de mon entourage : ma fille de 2 ans, ainsi que mes nièces de 5, 3 et 2 ½ ans.

    Réunion de famille suivante, je présente cette collation spéciale aux filles. Devinez le verdict : un succès! Elles ont bu leur verre de lait sans prononcer un seul mot, les yeux arrondis comme des 25 ¢ par la surprise. Elles ont même redemandé du lait pour exploiter au maximum la moindre petite granule de saveur. Des bonbons, des croustilles ou une boisson gazeuse n’auraient pas fait plus d’effet. J’ai alors compris qu’une collation hors de l’ordinaire ne rime pas nécessairement avec friandises. Un verre de lait (ou de boisson de soya) plus jazzé fait le boulot!

    Ma fille et mes nièces aiment le lait et n’ont pas besoin d’artifices pour boire les deux verres recommandés par jour. D’ailleurs, je refuserais de dépendre des pailles Sipahh pour cela. L’astuce de préparer des potages, des smoothies ou du gruau avec du lait est toujours valable. Quant aux autres produits laitiers, ils ne remplacent pas le lait à tous les points de vue puisque le fromage n’est pas enrichi en vitamine D et que très peu de yogourts le sont.

    À mes yeux, les pailles aromatisées sucrées demeurent un gadget. Je dois tout de même avouer que je les considère comme une gâterie intéressante et que, si j’avais à choisir entre elles et des boissons gazeuses à une fête d’enfants, elles ont un net avantage!

    Parlant de fête d’enfants, je dois préciser que chez nous, la paille à saveur de fraise a été la plus convoitée... en raison de sa couleur rose! Pensez-y si vous avez affaire à des petites pink ladies!

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    Stéphanie Côté
     
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    Cuisiner avec les enfants

    Pour ma « grande » fille de 2 ½ ans, cuisiner, c’est aussi amusant que bricoler. Elle brasse, elle verse – et renverse parfois –, elle casse même des oeufs et, bien sûr, elle goûte. Quand les muffins cuisent, elle colle son nez sur la vitre du four et les regarde lever et dorer.

    C’est un moment mère-fille que j’affectionne particulièrement et durant lequel se dessinent plein de futurs souvenirs. Cuisiner avec les enfants, c’est davantage que partager un bon moment avec eux. C’est aussi préparer un autre bon moment : un repas en famille.

    Faire la popote est agréable en soi, mais c’est encore plus agréable de réaliser les nombreux avantages qui s’y rattachent, à commencer par le contrôle de la qualité et de la quantité des ingrédients qui composent les plats. On le sait – ou on s’en doute –, les produits du commerce sont, pour la plupart, trop salés ou trop sucrés, et souvent riches en gras et sources de mauvais gras. Les recettes maison permettent de choisir de bonnes huiles, de mieux doser le sucre et le sel, de privilégier les grains entiers et de manger plus de légumes, notamment. Comment consommer moins d’agents de conservation, de colorants alimentaires, de saveurs artificielles et autres additifs? En cuisinant, évidemment!

    Cuisiner avec les enfants – et pas seulement pour eux – permet en plus de leur transmettre tout un bagage de connaissances et de traditions. Cuisiner, ce n’est pas savoir peser sur les touches du four à micro-ondes pour réchauffer un mets congelé!

    Il y a une différence entre manger et savoir s’alimenter. Savoir s’alimenter c’est, entre autres, être capable de choisir des aliments à l’épicerie, reconnaître tel ou tel légume au marché, savoir apprêter de la viande ou du poisson et pouvoir composer un repas avec divers ingrédients de base. Ce ne sont pas, ou plutôt ce ne sont plus, des notions qu’on enseigne à l’école. Si les jeunes ne les acquièrent pas non plus à la maison, où le feront-ils? Qui leur apprendra à se nourrir sainement? Qui leur enseignera à se débrouiller dans une cuisine et à survivre autrement qu’avec les mets préparés des épiceries ou les repas à emporter des restaurants? Où est la relève qui saura, dans 50 ans, faire une tourtière, du ragoût ou un bouilli? Notre identité culturelle est, elle aussi, en péril si on n’initie pas nos enfants à l’art culinaire…

    Vos enfants sont difficiles? Faites-les participer à la préparation des repas et vous verrez qu’ils le seront moins. Un jeune qui met la main à la pâte risque beaucoup moins de lever le nez sur son assiette. Les enfants sont naturellement néophobes, c’est-à-dire qu’ils résistent à la nouveauté. Ils peuvent prendre des semaines ou des mois avant d’accepter et d’apprécier certains aliments. S’ils manipulent les aliments régulièrement, ils les apprivoiseront certainement plus aisément. Ils deviendront ainsi des adolescents et des adultes ouverts aux expériences gustatives. Leur alimentation et peut-être même leur vie sociale s’en trouveront enrichies.

    Cuisiner pour, et surtout avec, les enfants, c’est joindre l’utile à l’agréable. Ce n’est pas qu’alimentaire, c’est élémentaire!

    Publié par
    Stéphanie Côté
     
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