La maltraitance chez les tout-petits, faut qu'on en parle...

La maltraitance chez les tout-petits, faut qu'on en parle...
Par Solène Bourque, Psychoéducatrice
1 juin 2017
20 nouveaux cas fondés par jour: Solène Bourque, psychoéducatrice, parle de son expérience en lien avec ces familles où se vivent ces situations de maltraitance.

« Chaque jour, au Québec, la DPJ compte au moins 20 nouvelles situations de maltraitance chez les tout-petits de 5 ans et moins. »

Depuis que j’ai lu cette phrase dans le nouveau dossier de l’Observatoire des tout-petits sur la maltraitance envers les tout-petits, je ne peux arrêter d’y penser. C’est un total de 7 700 cas fondés en une année pour le Québec seulement! Et on ne parle que des situations signalées à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). Ça fait mal à lire, à entendre…

Ce n’est pas un sujet joyeux à aborder dans un blogue, la maltraitance. Mais je le fais parce que je suis convaincue que plus on en parlera ouvertement, plus on pourra tisser un grand châle d’amour et de bienveillance entourant ces familles où se vivent ces situations de maltraitance. Et plus on en parlera, plus ces familles sauront qu’elles peuvent aller chercher du soutien, de l’aide.

Ne pas oublier le « village »

Un proverbe africain dit : « Pour qu’un enfant grandisse, il faut tout un village. » Et j’y crois profondément. Que nous devons, comme individus et comme société, protéger les enfants, et tendre la main à une famille où nous sentons qu’il y a une situation de maltraitance.

J’ai croisé des centaines, voire des milliers de parents durant mes années d’intervention, et je peux vous assurer que tous, sans exception, souhaitent être de bons parents pour leurs enfants. Mais souvent, des difficultés importantes dans leur vie font en sorte que, pendant un moment plus ou moins long, ils n’arrivent pas à répondre de façon adéquate aux besoins de leurs enfants.

C’est ce qu’on appelle des facteurs de risque. Le dossier de l’Observatoire en nomme quelques-uns : les conditions socioéconomiques de la famille, le stress ou encore les problématiques de santé mentale vécus par certains parents.

Et les conséquences?

Les conséquences de la maltraitance sont grandes pour le développement de ces tout-petits : retards moteurs et de langage, difficultés d’attention et de concentration, anxiété, faible estime de soi, opposition, agressivité, isolement, etc.

Dans de nombreux cas, ces enfants arrivent en milieu de garde ou en milieu scolaire avec des habiletés moins grandes que la moyenne des enfants dans une ou plusieurs sphères de leur développement. Il est souvent plus ardu pour eux de s’épanouir en ces lieux et leurs comportements plus difficiles sont rapportés aux parents. Ces derniers peuvent alors ressentir du jugement, de la honte et des peurs…

Le souvenir de cette maman

Je me souviens encore d’une maman de trois jeunes enfants, recommandée par le CLSC à l’organisme communautaire où je travaillais, qui n’était pas très assidue à y laisser ses enfants ou à participer aux activités. Quand je l’avais approchée pour lui en parler, elle m’avait dit avoir peur que nous appelions la DPJ.

« Le meilleur parent n’est pas celui qui réussit à répondre à tous les besoins de son enfant, mais bien celui qui, au besoin, est capable d’aller chercher de l’aide quand il se sent dépassé. »

Cette maman était bien consciente de ses difficultés et de ses limites, et n’avait pas envie que d’autres le constatent. Je lui avais doucement expliqué que c’était justement en venant nous voir qu’elle pourrait partager sa réalité familiale avec d’autres parents et des intervenants. Se sentir moins seule, aussi, et peut-être un peu plus outillée.

À petits pas, nous nous sommes apprivoisées. Et c’est finalement elle qui a appelé la DPJ, dans mon bureau, pour demander l’aide d’un éducateur à la maison et des services de répit, parce qu’elle était à bout de souffle.

Le meilleur parent

J’ai tellement souvent répété durant mes années d’intervention que le meilleur parent n’est pas celui qui réussit à répondre à tous les besoins de son enfant, mais bien celui qui, au besoin, est capable d’aller chercher de l’aide quand il se sent dépassé. Et ce jour-là, j’étais vraiment fière du bout de chemin que cette maman avait fait. On revient encore au village… nécessaire pour soutenir toutes les familles, tous les enfants.

Et le village, pour moi, ce n’est pas que des individus. C’est également des choix de société : des logements adaptés et abordables, des organismes communautaires pour soutenir les familles, des banques alimentaires, des services de garde de qualité, un accès plus simple et plus rapide aux services publics, comme ceux des CLSC.

Mais c’est aussi toi, moi, le voisin, l’autre parent avec qui on troque des vêtements, on organise une popote communautaire ou à qui on dit tout simplement : « C’est une journée difficile, n’est-ce pas? Est-ce que je peux t’aider? »

Et alors, si nous construisons ce « village », nous pourrons certainement espérer qu’un jour, un parent faisant partie de ces statistiques alarmantes viendra vers nous en nous disant : « C’est une journée difficile… Est-ce que tu peux m’aider? »

 

Photo : GettyImages/myrrha

Solène Bourque, Psychoéducatrice
Psychoéducatrice et auteure, j'œuvre dans le domaine de l'intervention et de l'éducation depuis plus de 20 ans. Je suis aussi la maman de deux grands enfants.
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Commentaires (22)

  1. Anne 1 juin 2017 à 21 h 26 min
    Les familles que je vois ou que je côtoie sont plus promptes à juger ou à être indifférentes les unes envers les autres qu'à être dans un esprit d'entraide. C'est peut-être un problème des grands centres. Les gens sont tellement centrés sur leur vie et tout va si vite! On ne veut pas des problèmes des autres et on ne veut pas toujours partager nos difficultés car on sait que, de toute façon, ça ne va rien donner. C'est triste je sais, ce constat! Moi-même mère de deux enfants j'ai souvent parlé de mes journées difficiles dans le passé mais ce que j'ai reçu ce fut du jugement ou des réprimandes: Mais de quoi tu te plains? Tes enfants n'ont pas le cancer!!! Ouf! Même mon conjoint me dit parfois : pourquoi tu voulais des enfants, tu te plainds trop?! Bref c'est dur d'être maman et souvent j'ai l'impression d'avancer toute seule dans une tempête mais lorsque je vois le sourire de mes enfants ça me donne le petit pep pour continuer!!!
  2. Solène Bourque 1 juin 2017 à 22 h 15 min
    Bonsoir Anne, Merci pour le partage de votre expérience! En effet, beaucoup de parents expriment ce même sentiment de ne pas se sentir entendus, compris. On le souhaite fort ce "village"! Que ce soit dans les toutes petites municipalités comme dans les grands centres, je crois qu'on peut tous se créer un réseau d'entraide aidant, soutenant pour toutes les familles.
  3. Nathalie 4 juin 2017 à 22 h 08 min
    Bonjour Anne, je ne sais pas dans quel grand centre tu habites, mais à Montréal il existe des groupes de parents sur Facebook (par exemple, le groupe: Mamans de Verdun, Lasalle et environs), je t'encourage à faire parti d'un tel groupe. J'ai été surprise de nombreuses fois par toute l'aide et l'amour que les parents qui crient "à l'aide" reçoivent. Aussi, se lier d'amitié avec les autres parents que l'on voit régulièrement au parc ou à l'école de nos enfants peut être une grande source d'aide. Personnellement, j'ai aidé des mamans dans le besoin dans mon entourage de toutes sortes de manière (garder les enfants pendant que la maman va faire des tests à l'hôpital, ramener les enfants de l'école, traduire en anglais les lettres en français qu'on reçoit de l'école pour les mamans qui ne connaissent pas le français, donner des vêtements, acheter les fournitures scolaires des enfants en même temps que je les achète pour mes propres enfants pour éviter que la maman avec 5 enfants doivent se déplacer). Et je ne suis pas le seule qui aide les autres, je connais d'autres mamans qui en font autant, d'ailleurs certaines m'ont déjà aidé (car moi aussi, parfois, j'ai besoin d'un coup de main!). Je t'encourage à ne pas lâcher et à continuer à chercher un village pour tes enfants et toi-même; je suis certaine qu'en cherchant tu trouveras des gens bienveillants qui sauront t'écouter et t'aider.
  4. Michel 1 juin 2017 à 23 h 13 min
    Après avoir lu votre billet, j'ai réalisé que j'avais souffert de maltraitance dans mon enfance. Tout ses traumatismes vécu, autant physique que psychologique, ont fait de moi une personne sans estime de sois, sans confiance en sois, qui n'a jamais pu réaliser quelques ambitions que ce soit. À 57 ans il est un peu tard pour moi d'y changer quoi que ce soit mais mon expérience as fait de moi une personne beaucoup plus réceptive lorsque je perçois un comportement douteux de la part d'un enfant. Comme je suis chauffeur d'autobus scolaire, cette capacité m'as servi, et continue de le faire, pour prévenir des situations qui pourrait potentiellement gâcher une autre vie. Mes cousins cousines sont tous des professionnels de la santé mais ils ont également eux une toute autre enfance que la mienne. Si mon histoire vous intéresse, faite moi signe
  5. Solène Bourque 2 juin 2017 à 12 h 17 min
    Bonjour Michel, Tant mieux si mon texte vous a fait réaliser ce que vous avez pu vivre en étant enfant. Comprendre, c'est déjà un pas vers la guérison et le bien-être. Et je ne crois pas qu'il soit trop tard pour aller chercher de l'aide et du soutien afin de mieux comprendre l'impact de ce que vous avez vécu dans votre vie. Et merci, dans le cadre de votre travail, d'avoir ce souci du bien-être des enfants!
  6. Esther 2 juin 2017 à 22 h 01 min
    Allo Michel. Moi ton histoire m'intéresse. En fait, on a besoin d'entendre l'histoire des enfants de ses statistiques. Il fait rappeler à tous les parents que leur enfant deviendra comme eux un adulte à leur image et que leurs actions ont des conséquences. J'aimerais ça que ses enfants une fois grand, raconte leur histoire. Pour sensibiliser et pour contrer le banalisation de la violence envers les touts petits. J'habite Montreal et je suis surprise devant le nombres de parents que je croise qui croit que de traiter un enfant de 3 ans de stupide et de menacer de coups corporels avec un objet ... c'est correct. Encore plus troublant, le nombre de témoins qui ne rapportent pas à la DPJ. Il y a un gros travail de sensibilisation qui reste à faire chez les plus démunis et les sous- éduqués.
  7. Solène Bourque 2 juin 2017 à 22 h 51 min
    Bonsoir Esther, Ce n'est en effet pas facile d'être témoins de violence envers les enfants et oui, il est important de signaler. Ça fait partie de notre rôle comme "village" pour protéger les petits!
  8. caroline 2 juin 2017 à 12 h 38 min
    Nous sommes le capitaine de notre navire et si vous êtes en contrôle le reste de l'équipage se portera ainsi. Il faut arrêter de se mettre de la pression et savoir prendre un rythme plus calme. Je suis mère de 4 jeunes enfants et dieu sait combien j'en ai vu des vertes et des pas mûres mais de s'accrocher trop aux détails que se soit le stress de L'argent, du temps, du ménage, des dodos, des repas, des amis et j'en passe, il y a rien de mieux que d'avoir un entourage solide qui partage le navire (amis , connaissances, travailleur de la santé, le voisinages etc. ) Trop parler de ce qui ne va pas devient un mantras et cela est dure pour le moral avec le temps . J'ai mal a l'âme de seulement penser que les gens soit seul pour poursuivre la traversée avec des difficultés quelles quel soit. Ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse. Prenons soin de nos enfants et de nos parents !
  9. Solène Bourque 2 juin 2017 à 13 h 57 min
    C'est très beau ce que vous avez écrit Caroline! Oui, arrêter de se mettre de la pression comme parent, se tisser un réseau solide autour de nous, s'entraider. Voilà de superbes pistes de solutions pour un monde meilleur pour les tout-petits, les familles.
  10. Sofia 2 juin 2017 à 22 h 32 min
    La maltraitance j'en ai eu!! Se faire frapper avec une ceinture, des claques dans face pour un verre de lait renversé, des bagarres entre mes parents au point où les voisins ont appelé la police et surtout se faire dire qu'on vaut rien pantoute! Mais enfant on pense que c normal on parle surtout pas au prof car on sait pas qu'on doit dénoncer! On sait même pas que c'est mal car les adultes disent que c'est notre faute si on reçoit des coups ! Là avec mes enfants ma plus grande victoire c'est que j'ai instauré une routine et des activités et de l'amour!! Et à chaque verre de lait renversé je repense à la petite fille que j'étais et j'essaie de la consoler aussi! La résilience existe mais c'est triste de voir que la société abandonné les petits à leur sort
  11. Solène Bourque 2 juin 2017 à 22 h 54 min
    Bonsoir Sofia! Désolée de savoir que vous avez eu une enfance qui s'est vécue dans la violence. Et oui, vous avez de quoi être fière de l'environnement rempli d'amour que vous offrez à vos enfants. Vous êtes la preuve qu'on peut avoir une bonne résilience et oui, se reconstruire!
  12. Esther 3 juin 2017 à 12 h 18 min
    Soyez fière d'avoir brisé le cercle de violence et que la nouvelle génération de votre famille en soit libérée!! Je trouve ça vraiment encourageant. Malheureusement, Certains croient que la violence qu'ils ont vécue enfant leur a permis d'être des adultes responsables et des enfants obéissants, ils ont oublié les émotions qu'ils vivaient et n'ont pas d'empathie pourr petit être qu'ils étaient. Le premier pas à la résilience, c'est l'empathie envers soi- même !
  13. Elsa 5 juin 2017 à 10 h 35 min
    J'ai l'impression que c'est très dur de briser le cercle de la violence. Mon mari préférait croire que les châtiments corporels ont fait de lui un adulte responsable comme vous dites. J'ai l'impression que désavouer l'utilité de la violence éducative serait pour lui désavouer sa famille, qu'il aime beaucoup.
  14. Solène Bourque 5 juin 2017 à 11 h 13 min
    C'est probablement là l'un des plus grands défis pour briser ce cercle de violence. Parce que même si la dynamique vécue enfant a été malsaine, reste que le lien parental est très fort et oui, ça peut être difficile pour certaines personnes de faire autrement sans devoir faire le constat que leurs parents n'ont pas agi comme il l'aurait fallu, malgré tout leur amour. Mais on a toujours le choix de faire différemment, d'aller chercher de l'aide et du soutien au besoin. Je ne crois pas au vieil adage qui dit qu'on ne peut pas donner ce qu'on n'a pas eu. Je crois davantage en la capacité de résilience et de se reconstruire de chaque être humain.
  15. Caroline 5 juin 2017 à 19 h 51 min
    Mon père me l'a dite souvent cette fameuse phrase '' On ne peut pas donner ce qu'on a pas eu'' et je penses bien que ces gens croient en cela juste pour éviter de se sentir coupable et de donner une raison à leurs agissements. Il y a une certaine époque, il y avait une façon de faire et c'était la bonne peut importe les conséquences. Aujourd'hui, nous sommes plus informé et au courant des impacts d'une panoplie d'agissements et tentons de comprendre le fond des choses et de mettre un terme aux mauvaises actions. La vie est comme une balance, quand elle penche trop d'un côté inévitablement elle finira par penchée de l'autre côté, en résumé un extrême attire un autre extrême.Il y a des gens qui n'aime pas se remettre en questions et d'essayer de changer certains trucs en eu qui les dérange et pour leurs propre confort feront en sorte que les autres change pour que eu n'est pas a être confronter a eu même.
  16. Solène Bourque 6 juin 2017 à 20 h 12 min
    On peut en effet faire le choix de changer, malgré une enfance difficile, malgré un passé adulte douloureux. Mais pour cela, il faut bien souvent de l'aide. C'est pourquoi il est important d'être présents, attentifs aux enfants, aux parents, de leur offrir du soutien, des services adaptés à leur réalité. Il faut en faire une priorité comme société, pour le bien-être de nos enfants, notre avenir!
  17. Elsa Moulin 5 juin 2017 à 10 h 17 min
    Oui oui oui, il faut qu'on en parle! Moi même ancienne mère maltraitante, j'ai décidé de faire de ce sujet une cause personnelle. On en parle peu, faites une recherche google "violence faite aux enfants" et vous verrez que c'est un nom sujet... Et pourtant... À deux reprises, alors que j'avais camouflé une trace de gifle de mon mari avec de la poudre à maquillage, j'ai été sidérée de vois que je n'avais aucun commentaire des enseignantes, qui peut-être préféraient ne rien voir... Je me suis toujours fait aider, heureusement parce que mon mari, à qui je demandais de l'aide, des réunions éducatives, ne voulait rien savoir. Alors je criais, je claquais des portes, je menaçais... Lui faisait la grosse voix et ça marchait mais parfois frappait aussi. Il a eu une éducation où les châtiments corporels étaient valorisés et j'ai eu le tort de ne pas faire valoir mon point de vue. J'ai fini par le quitter et exiger la tolérance 0 pour la violence physique, pour la violence psychologique, j'ai beaucoup travaillé dessus, lui je ne sais pas. Le centre d'hébergement pour femmes par lequel je suis passée m'a dit que la violence aux enfants était la conséquence de la violence psychologique que je subissais mais j'en porte la responsabilité. Pendant toutes ces années, j'aurais tellement aimé un soutien, voire une sanction, mais sans doute étions nous moins surveillés en tant que famille classe moyenne de gens cultivés. Pourtant, en tant qu'immigrant, nous étions très vulnérables, avec certes la peur du jugement, mais un besoin de soutien. Protégeons nos enfants. Il y a quelques mois, je suis allée voir ma voisine de dessous qui criait après son fils, en lui disant que j'étais passée par là, en lui offrant mon soutien. Les cris ont diminué. On peut faire mieux, mais c'est déjà ça. Il y a au Québec, un organisme l'ESPACE, qui fait de la prévention en matière de maltraitance des enfants, pourquoi n'y en a-t-il pas dans toutes les régions?
  18. Solène Bourque 5 juin 2017 à 11 h 22 min
    Bonjour Elsa, Votre témoignage est très touchant! Pour plein de raisons! Merci d'oser raconter cette période de votre vie et le chemin que vous avez fait pour vous en sortir. Et merci aussi d'avoir ce regard bienveillant envers votre voisine, d'avoir oser en parler. C'est ainsi que nous changerons collectivement les choses! Pour ce qui est des intervenants qui ne vous ont pas abordé sur le sujet, je sais que certains n'osent pas, mais on le devrait tous, C'est non seulement notre responsabilité, mais aussi une obligation légale. Je trouve dommage que vous n'ayiez pas eu le soutien nécessaire plus tôt! Et oui, aux initiatives de type "ESPACE". J'ai fait cette formation dans les années 90, sur la prévention des abus envers les enfants et elle gagnerait à être dans toutes les régions du Québec, vous avez bien raison! Merci encore pour votre commentaire rempli d'humilité, d'humanité et d'espoir! Ensemble, on va y arriver!
  19. Elsa Moulin 6 juin 2017 à 09 h 50 min
    Bravo à vous d'oser en parler en tous cas.
  20. Elsa Moulin 6 juin 2017 à 14 h 40 min
    J'essaie de parler avec mes enfants de cette période sombre de notre vie pour leur montrer que j'étais en difficulté mais que ces comportements n'étaient pas adéquats, qu'ils doivent s'efforcer de résoudre leurs conflits pacifiquement, mais je crains les traumatismes, répercussions sur eux. Ils n'ont jamais consulté depuis et je ne sais si je devrais les emmener chez le psy. Les intervenants que je vois maintenant me disent que mon rôle peut suffire mais je ne sais si je suis à la hauteur. L'intervenant que j'ai rencontré la semaine passée pointait le fait que si l'enfant se sent "traîné" chez le psy, ça ne fonctionnera pas, d'autre part il y a le manque de ressources. Qu'en pensez-vous?
  21. Solène Bourque 6 juin 2017 à 20 h 15 min
    C'est bien d'en parler avec eux, qu'ils comprennent dans quel état d'esprit et émotif vous étiez à cette époque. Selon l'âge de vos enfants, vous pourriez leur demander s'ils souhaitent en parler avec quelqu'un. Vous pourriez également en glisser un mot aux intervenants de l'école de vos enfants (dans la plupart des écoles, il y a des psychologues, psychoéducateurs, éducateurs spécialisés). Ils pourraient très certainement vous soutenir dans cette démarche de nommer les choses à vos enfants, les aider de leur côté aussi.
  22. Elsa Moulin 7 juin 2017 à 20 h 07 min
    Oh non l'école n'a pas les moyens de s'occuper de ça, alors que ça coûte déjà d'essayer d'en parler, quand j'ai essayé de à plusieurs reprises de lancer des bouées, on m'a dit qu'il n'y avait pas les ressources nécessaires à l'école. Dernièrement, on m'a dit que "tant que ça n'affecte pas les résultats scolaires", on ne s'en inquiète pas. Pourtant, beaucoup d'enfants ramènent de bons résultats scolaires sous la menace...