Accouchement: minimiser les interventions

Accouchement: minimiser les interventions
Par Kathleen Couillard, Journaliste scientifique
16 mars 2017

Est-ce que les accouchements sont trop médicalisés? Cette question préoccupe les professionnels qui travaillent auprès des femmes enceintes. Bien sûr, dans certains cas, les interventions médicales sauvent des vies. Cependant, lorsqu’une grossesse se déroule sans complication, sont-elles vraiment nécessaires?

Le Collège américain des obstétriciens et des gynécologues s’est récemment penché sur la question. Sa conclusion : pour les grossesses à faible risque, plusieurs interventions n’ont pas de réels avantages. Ils ont donc dressé une liste de recommandations s’adressant aux médecins, aux infirmières et aux sages-femmes pour limiter les interventions inutiles.

  • Attendre la phase active avant d’admettre la mère à l’hôpital.
    Attendre pour se présenter à l’hôpital pourrait être bénéfique pour le déroulement de l’accouchement. En effet, les femmes qui se présentent à l’hôpital seulement lorsqu’elles sont en travail actif ont moins recours à l’épidurale, ont moins besoin de stimuler le travail et sont plus satisfaites de leur accouchement. Le Collège recommande donc d’attendre que la mère soit dilatée à 5 cm ou 6 cm avant de l’admettre à l’hôpital, sauf si elle a besoin d’aide pour gérer la douleur ou la fatigue associée à l’accouchement.
  • Ne pas crever artificiellement les eaux si l’accouchement se déroule normalement.
    Lorsque tout va bien, la rupture artificielle des membranes n’a aucun avantage. Cette procédure ne devrait donc pas être faite de routine.
    De plus, si la perte des eaux a lieu spontanément avant le début du travail, il n’est pas nécessaire de provoquer l’accouchement immédiatement. En effet, près de 80 % des femmes entreront naturellement en travail dans les 12 prochaines heures et 95 %, dans les 24 à 48 heures suivantes. Le choix devrait donc revenir à la mère.
  • Éviter la surveillance fœtale en continu.
    Les femmes qui sont branchées sur un moniteur fœtal en continu sont limitées dans leurs mouvements. La surveillance fœtale en continu est d’ailleurs associée à un risque plus grand d’utilisation des forceps ou de la ventouse et à une fréquence plus élevée de césariennes. Le Collège recommande donc de privilégier la surveillance fœtale intermittente.
  • Laisser la mère libre de choisir sa position.
    Pendant le travail, les femmes enceintes changent spontanément de position. Cela leur permet de se sentir plus confortables et de favoriser un meilleur positionnement du bébé. Par exemple, les positions verticales diminuent la durée du travail et les risques de césariennes. Selon le Collège, les professionnels ne devraient donc interdire ou imposer aucune position en particulier.
  • Proposer des approches non pharmacologiques.
    Bien que les méthodes comme l’épidurale puissent soulager la douleur, elles ont peu d’impact sur l’anxiété que ressentent certaines mères. Les méthodes non pharmacologiques peuvent être des options intéressantes pour aider les femmes enceintes à mieux gérer le travail. Les massages, l’immersion dans l’eau, les techniques de relaxation et l’acupuncture font partie des techniques suggérées par le Collège.
  • Offrir du soutien émotionnel en continu.
    Lorsque le couple peut compter sur le soutien d’une personne qui l’accompagne tout au long de l’accouchement, le travail est plus court et le recours aux analgésiques, aux forceps et à la ventouse est plus rare. La mère se dit aussi plus satisfaite de son accouchement. Ce rôle peut être tenu par une accompagnante à la naissance ou par un proche qui a reçu une formation.

En bref, le Collège américain des obstétriciens et des gynécologues encourage les professionnels à réévaluer leurs pratiques et à adopter une approche individualisée qui s’adapte aux besoins et aux préférences des femmes enceintes. En travaillant en équipe avec les futures mères, celles-ci pourront atteindre plus facilement leurs objectifs et vivre un accouchement plus satisfaisant.


Kathleen Couillard est aussi l’auteure du blogue Maman Éprouvette.

Photo : GettyImages/Trish233

Kathleen Couillard, Journaliste scientifique
D'abord microbiologiste, je suis maintenant journaliste scientifique et maman. Je concilie donc, pour mon plus grand plaisir, science et maternité.
Tous les billets de l'auteur

Billets sur le même sujet

Commentaires (6)

  1. Lynda 16 mars 2017 à 15 h 45 min
    Bonjour madame J'ai accouché en 2009 à saint Justine l'équipe qui est sur place ils sont crevé la poche dès œufs avant le bébé ils va s'engager, par la suite le bébé ils presipites pour sortir le cordon embilicale entouré, ils retourner pour le sauver mais le mal est fait tromatisme crânien fracture exputal.tout ca à couse de liquipe par ce que pas de la passance ils sont cruver la poche dès œufs avant le bébé va engagé
  2. Florence 16 mars 2017 à 18 h 38 min
    Bonjour jai eu mon fils en 2015 a l'hôpital ste-justine et pour ma part j'étais rassuré d'avoir une grosse équipe.Même si la grossesse se passe bien les choses peuvent basculer .c'est confiant de savoir qu'il y a des intetventions possible pour sauver une vie
  3. Geneviève 16 mars 2017 à 20 h 14 min
    Pour ma part, j'ai perdu les eaux et au bouts de 24h j'ai fait de l'infection qui a fait en sorte que ma fille a dû avoir des antibiotiques pendant une semaine. Je ne serais aucunement à l'aise d'attendre 48h que le travail commence...
  4. M. Tremblay 17 mars 2017 à 06 h 07 min
    C'est certain que le support émotionnel et l'accompagnement joue pour beaucoup. J'en suis certaine. J'ai eu la chance d'être suivi par une équipe de sages-femmes tout au long de ma grosses (de 12 à 41 semaines). Malgré ce qu'on entend souvent à leurs sujets (allaitement fortement recommandé et accouchement sans médication) j'ai été respecté dans mes choix (péridural avant la poussée et pas d'allaitement). Je me suis vraiment sentie respectée tout au long. Je recommande ce suivi à toutes les futures mamans que je connais depuis que ma fille est née. Après tout, personne ne sais comment elle va réagir le jour venu... Chaque femme est différente et chaque accouchement aussi. C'est incroyable le travail que ces équipes de professionnels ont à faire tous les jours. Merci beaucoup de l'information de l'équipe de naitre et grandir. Je vous suit religieusement :) - une nouvelle maman de l'Outaouais.
  5. M. Tremblay 17 mars 2017 à 06 h 15 min
    *je voulais dire : " pendant ma grossesse", malgré qu'on se sente comme une baleine à la fin :D
  6. PigJoy 21 mars 2017 à 10 h 11 min
    Bonjour! J'ai accouché en 1996. J'ai eu droit à la totale: moniteur fœtal, rupture artificielle des eaux, épidurale, épisiotomie, ventouse. J'ai demandé l'épidurale. Tout le reste m'a été imposé. Mon fils a eu une bosse à la tête durant 2 semaines due à la ventouse. J'ai fait une endométrite très difficile à soigner probablement à cause de la rupture artificielle des eaux...

Laisser un commentaire



En cliquant sur Soumettre, vous acceptez nos modalités d'utilisation