Peut-on influencer le sexe du bébé?

Peut-on influencer le sexe du bébé?
Par Kathleen Couillard, Journaliste scientifique
23 février 2016

Vous serez sûrement d’accord avec moi. L’important, c’est que le bébé soit en santé. Il faut bien l’avouer toutefois, certains parents rêvent secrètement d’un garçon ou d’une fille. Cependant, peuvent-ils réellement influencer le sexe du bébé à venir?

« Pour la petite anecdote, je n’ai que des filles, raconte le Dr Jacques Kadoch, directeur de la Clinique de procréation assistée du CHUM. Si je connaissais une recette, je l’aurais appliquée! » Selon lui, les méthodes pour concevoir un garçon ou une fille ne sont que du folklore. Qu’il s’agisse d’aliments magiques ou de la position adoptée pendant la relation sexuelle, aucune patiente du Dr Kadoch ne lui a confié avoir trouvé la solution miracle.

Le sexe de l’enfant est déterminé par ses chromosomes sexuels. Deux chromosomes X et c’est une fille alors qu’un X et un Y donneront un garçon. L’ovule qui provient de la mère contient toujours un chromosome X. Le spermatozoïde du père peut lui contenir un X ou un Y.

La seule théorie avec une base scientifique est celle selon laquelle avoir des relations sexuelles très tôt après l’ovulation favoriserait la conception d’un garçon. Cette proposition repose sur l’hypothèse que les spermatozoïdes qui portent un chromosome X ont des caractéristiques différentes de ceux qui portent un Y. Certaines techniques de laboratoire – interdites au Canada – permettent d’ailleurs de séparer les deux types de spermatozoïdes grâce à un filtre avant l’insémination pour faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Certaines études ont toutefois conclu que les spermatozoïdes porteurs d’un X et ceux porteurs d’un Y ne sont pas visiblement différents les uns des autres et que les chromosomes Y ne nagent pas plus vite. Il serait quand même possible que l’un soit plus résistant que l’autre. « Plus on attendrait alors dans le cycle, plus la coque de l’ovule deviendrait épaisse et elle serait ainsi plus perméable aux spermatozoïdes X, explique le Dr Kadoch. De là vient l’idée qu’avoir des relations très tôt dans le cycle pourrait faire pencher la balance. »

Cette théorie est toutefois loin d’être démontrée. Si certaines études réalisées dans les années 1960 allaient dans ce sens, une autre publiée en 1995 arrivait plutôt à la conclusion que le moment de la relation sexuelle par rapport à l’ovulation n’influençait pas le sexe du bébé.

Fille un jour, fille toujours?

Que se passe-t-il lorsqu’un couple a déjà deux enfants du même sexe et qu’il tente d’en avoir un troisième? Bien sûr, il peut s’agir tout simplement d’un hasard et la chance d’avoir un garçon ou une fille demeurerait alors de 1 sur 2.

Cependant, selon le Dr Kadoch, il est bien connu que certaines familles ont uniquement des filles ou uniquement des garçons. « Il est vrai que lorsqu’on a deux fois le même sexe, cela augmente les chances d’en avoir un troisième », confirme-t-il.

Les chercheurs ne savent pas encore exactement comment expliquer ce phénomène. Il existe toutefois quelques pistes. Par exemple, une étude publiée en 2009 suggérait que certains hommes possédaient un gène favorisant la production de spermatozoïdes avec un chromosome Y. Une autre étude de 2015 révélait que les femmes avec certaines caractéristiques bien précises avaient moins de probabilités d’avoir des garçons.

Les parents avec des enfants tous du même sexe n’ont donc que très peu de contrôle sur le sexe de leur prochain enfant. Cependant, s’ils sont vraiment chanceux, ils pourront se rendre jusqu’à 7 filles ou 7 garçons. En effet, selon la tradition belge, cet exploit vaudra à leur enfant l’honneur d’avoir le roi pour parrain.


Kathleen Couillard est aussi l’auteure du blogue Maman Éprouvette.

 

Photo : iStock.com/BraunS

Kathleen Couillard, Journaliste scientifique
D'abord microbiologiste, je suis maintenant journaliste scientifique et maman. Je concilie donc, pour mon plus grand plaisir, science et maternité.
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Commentaires (1)

  1. Aglaë 23 février 2016 à 15 h 16 min
    Personne de parle jamais des anomalies chromosomiques comme XO XXY etc. Si vous avez un garçon ou une fille, réjouissez-vous! Ça aurait pu être ambigu...