Fertilité et allaitement: réponses à 3 questions courantes

Fertilité et allaitement: réponses à 3 questions courantes
Par Kathleen Couillard, Journaliste scientifique
26 janvier 2016
Si vous allaitez, voici quelques questions que vous vous êtes peut-être posées au sujet de la fertilité pendant l’allaitement.

La fertilité pendant l’allaitement est un sujet plutôt complexe. En effet, lorsqu’une mère allaite, cela influence de façon importante la production de certaines hormones nécessaires à l’ovulation. De la même façon, certains contraceptifs pourront nuire à la production de lait maternel. Il n’est donc pas toujours facile de s’y retrouver.

Si vous allaitez, voici quelques questions que vous vous êtes peut-être posées au sujet de la fertilité pendant l’allaitement.

Est-ce que l’allaitement est réellement un moyen de contraception?

L’allaitement peut effectivement protéger contre une grossesse, mais seulement à certaines conditions. La mère doit pouvoir répondre non aux 3 questions suivantes :

  • Est-ce que ses menstruations sont revenues?
  • Son bébé passe-t-il de longues périodes sans téter parce qu’il reçoit des suppléments, comme une préparation pour nourrissons ou des aliments solides, ou parce qu’il fait ses nuits?
  • Est-ce que son bébé a plus de 6 mois?

Ces questions visent en fait à déterminer la fréquence à laquelle le bébé boit. Pour que l’allaitement protège efficacement contre une grossesse, le bébé doit boire au moins toutes les 4 heures pendant le jour et toutes les 6 heures pendant la nuit. Dans ces conditions, seulement 2 % des femmes deviendront enceintes dans les 6 prochains mois. Par contre, si la mère peut répondre oui à l’une des 3 questions, elle devrait utiliser un autre moyen de contraception puisque les probabilités de concevoir un nouveau bébé sont alors beaucoup plus grandes.

Quels moyens de contraception sont compatibles avec l’allaitement?

Plusieurs méthodes contraceptives peuvent être employées pendant l’allaitement, en particulier celles qui ne sont pas à base d’hormones. Ainsi, le condom, le diaphragme et le stérilet en cuivre ne posent aucun problème.

Les contraceptifs à base d’estrogène et de progestérone peuvent toutefois être plus inquiétants puisque l’estrogène nuit à la production de lait. Les pilules contraceptives qui en renferment ne sont donc pas recommandées pour les 6 premiers mois d’allaitement.

Pour ce qui est de la pilule contenant seulement de la progestérone (ex. : Micronor) ou du stérilet à base d’hormone (ex. : Mirena), ces méthodes ne semblent pas causer de problèmes d’allaitement si leur utilisation commence au moins 6 semaines après l’accouchement. Mentionnons toutefois que certaines femmes rapportent malgré tout avoir connu une baisse de production de lait en réaction à ces méthodes. Une étude aurait d’ailleurs relevé des répercussions négatives de la pose d’un stérilet avec progestérone sur l’allaitement. Si une mère choisit d’y avoir recours, elle devrait être attentive à sa production pour rectifier la situation si un problème se présente.

Doit-on arrêter complètement l’allaitement pour concevoir un nouveau bébé?

À première vue, la situation semble simple : plus un enfant demande le sein souvent, plus l’ovulation mettra du temps à reprendre. D’ailleurs, selon certains chercheurs, la fonction des tétées nocturnes à l’origine était de retarder la fertilité pour éviter l’arrivée trop rapide d’un nouveau bébé. Par conséquent, lorsque le nourrisson fait ses nuits ou qu’il mange des aliments solides, les probabilités que la fertilité revienne augmentent chez la majorité des mères.

Cependant, chez certaines femmes plus sensibles, même quelques tétées par jour peuvent être suffisantes pour bloquer le retour de l’ovulation. Selon certains experts, le profil hormonal unique à chaque femme y serait pour beaucoup. Des recherches ont d’ailleurs démontré que les femmes infertiles pendant l’allaitement ont des taux de prolactine de base plus élevés que celles dont les menstruations recommencent dans les 6 premiers mois suivant la naissance du bébé.

Chez ces femmes, le sevrage peut donc être nécessaire pour qu’elles deviennent à nouveau enceintes. En général, les experts estiment que la fertilité reviendra environ 30 jours après l’arrêt complet de l’allaitement.


Kathleen Couillard est aussi l’auteure du blogue Maman Éprouvette.

 

Photo : iStock.com/Christopher Futcher

Kathleen Couillard, Journaliste scientifique
D'abord microbiologiste, je suis maintenant journaliste scientifique et maman. Je concilie donc, pour mon plus grand plaisir, science et maternité.
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