Nourrir mes enfants: mes rêves et ma réalité

Nourrir mes enfants: mes rêves et ma réalité
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste
16 mars 2013

Mes enfants ont un livre qui s’intitule Le marchand de câlins. Dans la première partie, le petit garçon de l’histoire décrit sa vie rêvée, du genre : « dans ma vie rêvée, je ne prends pas mon bain et je joue toute la nuit ». Dans la seconde partie de l’histoire, il remet les pieds sur terre en parlant de sa vraie vie. Sa réalité est moins fantasmagorique – pour un enfant de 4 ans, on s’entend – que son imagination, mais il revient à l’essentiel et c’est bien mignon.

Ce livre m’a inspirée et j’ai eu envie de vous raconter ma vie rêvée ainsi que ma réalité concernant l’alimentation de mes enfants. Voici donc mon chapitre inspiré du thème du Mois de la nutrition de cette année : Une recette gagnante : planifiez, achetez, cuisinez, savourez.

La planification des repas

Dans ma vie rêvée, je planifie mon menu de la semaine en avance. Je m’assois avec mes enfants et Ricardo (sinon ses magazines) et on salive à penser à nos repas des jours suivants. Dans ma vie rêvée, je laisse mes enfants décider de chacun un repas et je m’étonne de ne pas entendre pâté chinois et tofu. Notre menu est varié et on y retrouve un parfait équilibre entre les plats végétariens, de viande, de poisson et de pâtes.

Dans ma vraie vie, je décide trop souvent la veille ou le jour même ce que l’on va manger. Je fouille dans le congélateur à la recherche de trésors oubliés. Dans ma vraie vie, j’improvise beaucoup avec les réserves de mon garde-manger heureusement planifiées (dans ma vie rêvée?).

Les achats à l’épicerie

Dans ma vie rêvée, je vais à l’épicerie une fois par semaine avec ma liste et je n’oublie rien. Je me réserve quelques achats de pain, viande, pâtes fraîches et olives en vrac dans les petits commerces du quartier. J’ai même le temps, avec les enfants, d’aller manger une chocolatine aux Co’pains d’abord entre deux courses.

Dans ma vraie vie, je vais à l’épicerie à la course quand il manque un ingrédient pour la recette que je viens de choisir ou d’inventer. Dans ma vraie vie, parfois, je dis aux enfants : « Ce matin, on met du yogourt dans  nos céréales », parce qu’on n’a plus de pain ni de lait.

La préparation des repas

Dans ma vie rêvée, j’ai du temps pour cuisiner. Mes enfants mettent la main à la pâte dans la bonne humeur. Je leur raconte toutes sortes d’histoires sur les aliments, je leur explique comment faire ceci ou cela, et on se fiche que ça prenne du temps. Ah oui, dans ma vie rêvée, il y a quelqu’un pour laver la vaisselle.

Dans ma vraie vie, de manière générale, je cuisine le plus efficacement possible – lire sous pression – pour mes enfants qui sont affamés et qui doivent prendre leur bain dans une heure. Parfois, les enfants « m’aident » à préparer le souper et on réussit à avoir du plaisir malgré tout. Dans ma vraie vie, la vaisselle s’empile dans l’évier et m’attend patiemment jusqu’au dodo des enfants.

L’heure du souper

Dans ma vie rêvée, je m’assois à la table avec ma fille et mon fils pour savourer avec fierté notre repas. On se raconte notre journée et des blagues, et on prend notre temps.

Dans ma vraie vie, je m’assois à la table avec ma fille et mon fils. J’entends souvent des « c’est bon, maman », mais aussi parfois des « j’aime pas ça ». Dans ma vraie vie, j’ai l’impression qu’on reste assis une fraction du temps que j’ai pris à préparer le repas.

Au final

Dans ma vraie vie, je planifie parfois aussi bien que je vous recommande de le faire. Je visite souvent les petits commerçants locaux avec mes enfants. Je cuisine souvent avec eux en y retirant un plaisir certain, et on partage des repas tantôt rigolos tantôt plus sérieux, mais généralement agréables.

Bref, je réalise que même si ma vraie vie n’est pas parfaite, j’y retrouve plein de petits bouts de ma vie rêvée. Et ça me convient!

De votre côté, quelle serait votre vie rêvée concernant l’alimentation? Et dans la vraie vie, ça se passe comment?

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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Commentaires (12)

  1. julie, nutritionniste! 18 mars 2013 à 09 h 27 min
    Bon matin Stéphanie, j'ai les yeux plein d'eau à lire ce billet pourtant si rigolo et réaliste... Je me rens compte que l'on entretient tellement d'espoir que cette vie rêvée cogne à la porte, tout bonnement, un matin... Que l'on oublie quelquefois les joyeux, jolis moments (même si courts!), remplis de rires et de sourires. Les crêpes du samedi matin et la soupe tonki de hier soir auront peut-être été les seuls repas planifiés, cuisinés en famille et dégustés tranquilement,en jasant et en riant, mais j'en entendrai parler durant des semaines... Tout comme l'éducatrice du CPE, la grand-maman, l'amie, etc. Merci de partager ce blogue avec nous!
  2. Stéphanie Côté 18 mars 2013 à 11 h 25 min
    Merci Julie, votre commentaire me touche. Au fond, la vie rêvée ne tient pas à des objectifs en termes d'organisation, mais plutôt en termes d'appréciation des petits bonheurs de la vie.
  3. Geneviève 18 mars 2013 à 22 h 27 min
    Ce billet me fait réaliser à quel point on peut s'imaginer des vies rêvées dans plusieurs sphères de notre existence. On pourrait refaire l'exercice "dans ma vie rêvée" de couple, dans ma vie rêvée de travail, dans ma vie rêvée avec mes amies, etc. Un bon "reality check" qui nous fait retomber sur terre et apprécier l'imperfection. Même si on continue à rêver!
  4. Mélanie (via facebook) 19 mars 2013 à 08 h 31 min
    Dans ma vie de rêve, je cuisine comme Ricardo, j'arrête le temps pour avoir tout le temps de cuisiner, les repas suivent le guide alimentaire canadien et on mange jamais de fastfood.

    La réalité c'est que souvent, je ne sais pas quoi faire pour souper le soir, je n'ai pas toujours le temps de cuisiner, car mon bébé de 9 mois vit sa crise d'angoisse de séparation et il veut que je le prenne tout le temps, alors oui parfois ce qu'on mange c'est des pâtes avec de la sauce qui sert de dépanneur...Bref, dans la vrai vie, il faut faire de son mieux
  5. Julie 19 mars 2013 à 08 h 59 min
    Dans ma vie rêvée, il y a un excellent traiteur pas cher au coin de ma rue pour les repas de la semaine. Et la fin de semaine, nous cuisinons tous en famille en écoutant de la musique.

    Dans la réalité, le traiteur au coin de ma rue n'est pas super et il est cher (alors on n'en achète jamais). Et la fin de semaine, c'est moi qui cuisine souvent toute seule les repas.
    Par contre, côté planification des repas la semaine, on s'en tire pas mal et mon conjoint fait sa juste part. Aussi, les enfants sont de moins en moins difficiles.
  6. Alexandra Leduc nutritionniste 19 mars 2013 à 10 h 14 min
    Bravo Stéphanie!

    J'aime tellement ce tableau de la réalité qu'on soit nutritionniste ou non! Comme tu l'illustres très bien, la vie ce n'est pas d'être parfait mais faire du mieux qu'on peut et d'apprendre à savourer cette vie remplie de défis tous les jours!
  7. Guylaine Côté 19 mars 2013 à 11 h 21 min
    Dans ma vie rêvée, mon conjoint arrêterait complètement d'acheter des saucisses à hotdog
    pour concocter le fameux macaroni aux saucisses qui est supposément très bon(je ne veux plus rien savoir des saucisses hot dog depuis longtemps) . Mes deux ados continueraient de manger des fruits et légumes à tous les jours comme ce que je leurs inculquais lorsqu'ils étaient petits. Dans ma vie rêvée, j'absorberais pleins pleins pleins de bonnes vitamines en mangeant TOUS les fruits et légumes que j'ingurgite à tous les jours...

    Dans la vraie vie, j'ai réussi à convaincre mon mari de diminuer la consommation de saucisses hotdog, croustilles, sel, manger plus de fruits et légumes pour lui et mes ados. Et de bouger...
    Et je me questionne tout le temps si il y a une parcelle de vitamine qui entre dans mon corps avec ces beaux fruits et légumes qui viennent des Etats ou Mexique....
    J'essaye de faire de mon mieux pour moi et de changer quelques mauvaises habitudes de mon mari et mes ados. Merci pour ce billet qui fait réfléchir...
  8. Stéphanie Côté 19 mars 2013 à 16 h 18 min
    J'ai beaucoup de plaisir à vous lire, merci de jouer le jeu!
    C'est vrai qu'on se crée des attentes et fixe des objectifs idéalistes (si non irréalistes) dans plusieurs domaines. Il faut alors les réviser ou savoir être heureux dans l'imperfection de nos vies!
  9. Guylaine Côté 20 mars 2013 à 13 h 24 min
    Bien dit! Vous êtes d'une sagesse, et ça fait du bien!!!
  10. Papilles Souriantes 19 mars 2013 à 18 h 22 min
    Gagner du temps en cuisine, s'organiser, planifier des repas qui laissent une place de choix à la diversité c'est possible.
    L'important est de se souvenir de la raison qui nous motive à cuisiner chaque soir.
    La palette gustative de nos enfants se construit au quotidien, des semaines planifiées, d'autres improvisées peu importe, l'important est la découverte faite.
    Le goût et le plaisir gustatif sont les ingrédients de l'héritage culinaire que je vais céder à mes enfants.
    De saines habitudes de vie, des choix éclairés et diversifiés, une vague idée de ce que signifie organisation et planification, un stock de survie maintenu et voici la porte ouverte à la créativité et au plaisir.
    La participation active des enfants dans la cuisine est la 1ère marche grimpée vers le chemin de l'autonomie et la maturité gustative. Des goûteurs en herbe nous entourent et ne demandent qu'à nous imiter et participer.
    Préparer les soupers est une activité familiale qui véhicule un savoir-faire, un savoir vivre, c'est la source des souvenirs gustatifs. À nos côtés, dans cette organisation parfois désorganisée, ils apprennent.
    Rendus à l'âge adultes nos enfants ne se préoccuperont plus de manger santé, car cette habitude sera intégrée, acceptée. Tout comme nous, ils vivront des periodes plus désoragnisées que d'autres, plus stressantes que d'autres, mais la préparation des repas ne sera pas la victime de ce manque de temps. Quand l'habitude d'avoir du plaisir gustatif est encrée, on ne peut plus sans passer et la créativité fait place à la planification.
  11. Rebecca 19 mars 2013 à 20 h 34 min
    Dans ma vie rêvée, on mange des repas variés tout les jours que j'ai cuisiné avec amour et passion durant la journée. La vaisselle est fait automatiquement par mon conjoint avec un: t'inquiète, je m'en occupe! Merci pour le bon repas. Et il n'y a pas de repas minute ou bourrés de sels, gras et produits chimiques dans mon congélo.

    Dans la vraie vie, je me lève à 6:30 après avoir dormit à peine 4:00 et hop, je fais déjeuner ma fille et vite au fourneau ensemble (une façon de passer du temps ensemble moi et elle, alors je la fais participer et du coup, elle découvre les aliments) pour le repas du soir. (Alors que j'ai zéro envie de cuisiner et le mal de coeur me prends à tout coup!) On cuisine un ou deux repas avant de partir à la course à la garderie et la vaisselle??....elle risque fort d'attendre un jour ou deux avant que j'aille le temps d'y regarder! Mon conjoint soupe seul avec la cocotte, et moi à la va-vite au boulot! Si je manque de temps.....repas minute du congélo ou des pâtes, sinon il y a le resto qui dépanne.....un peu trop souvent à mon goût!
  12. Caroline 19 mars 2013 à 21 h 29 min
    Dans ma vie rêvée, ma fille et mon conjoint aiment les courgettes... J'adore les courgettes; et ils les détestent tous les deux. :-)))
    Dans la réalité, ma fille (3 ans) aime beaucoup d'aliments. En partie grâce à ses repas en garderie qui sont d'une très grande variété... mais elle écarte de plus en plus systématiquement les légumes dans son assiette et sa liste de légumes "mangeables" est de plus en plus courte. Tout un défi!